Ma couleur

On me fera toujours des reproches sur ma couleur, mélange de mélanine, de cacao et de café. Couleur des guerriers Masaï, de Martin Luther ou encore de Malcom X ; adéquation de maux et de souffrances, couleur qualifiée de non-couleur par Kandinski ; celle qui assombrit, exprime le mal-être et la peine.

C’est ma couleur

Qui est associée à l’asservissement, l’esclavage, aux mouvements pour les droits civiques ou encore à l’Apartheid. C’est la même couleur pour laquelle Rosa Park a refusé de céder sa place dans cet autobus, cette même couleur à cause de laquelle Hurricane Carter s’est fait emprisonné.

Mélange de mélanine, de cacao et de café, certains la chantent, d’autres en font son éloge. Les enfants en ont peur, certaines l’aiment avec ardeur, d’autres encore la répugnent et refusent de la prendre en considération.

Ma couleur

Qui trop claire ou trop foncée crée des disparités ou marque l’appartenance géographique ; ma couleur faite d’offenses et d’humiliation, ma couleur qui se marie bien au jaune d’or des bananes, signe un certain rythme qui ondule sous ma peau.

Mélange de mélanine, de cacao et de café, qui vibre aux battements des tams tams, swingue sur le son syncopé du jazz et pleure sur la mélancolie du blues. Mais c’est à cause de cette même couleur qu’ils courbaient l’échine dans les champs de coton ou se faisaient traiter de négrillons.

Entre pulsions et confusions, je retenais mes mots pour laisser aller ce vieux crouton! Je le crie ce soir pas assez fort peut- être : je suis noire comme le ciel de minuit, comme le néant de la peine, mais mon cœur est assez or pour tendre l’autre joue devant celui qui m’offense et m’humilie. On me reprochait d’être trop noire, que si j’avais été plus claire de peau, j’aurais eu plus de pot.

Mais peu importe, je suis si fière de mon teint d’ébène que j’ose me considérer comme une reine. Peu importe leurs critiques acerbes bourrées d’hydroquinone, elles n’intoxiqueront pas ma mélanine pour me faire devenir leur clone.

Le 26 décembre 2006, alors que j’étais sur le stand événementiel de Morgan, aux Galeries Lafayette, un homme de forte corpulence, s’est permis de me balancer : » Vous ne pouvez pas porter un haut noir , hein noir sur noir ça s’voit pas!.. »

NO COMMENT…

 

74970_10151260159294010_856972514_nPortrait © Mario Epanya 

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