Mon prénom est Fatou et alors…

Vous avez sûrement dû voir cette vidéo sur Youtube ou encore Facebook!

Elle soulève un problème complexe : la stigmatisation de la femme noire, via l’appellation Fatou qui aurait une valeur intrinsèque négative .

Fatou, diminutif – ou pas – de Fatoumata, prénom d’Afrique subsaharienne par excellence. Pourquoi désacraliser ce prénom musulman pour en faire une … insulte ?

Diverses généralités informelles contribueraient à la disparition de ce terme.

Je m’explique: lorsque les différentes jeunes filles noires ne se dévisageront plus des pieds à la tête mais se feront davantage de compliments entre elles et s’échangeront leurs bons plans, lorsque les Nappy ne jugeront plus celles qui adoptent le tissage ou le défrisage comme pratique capillaire ; lorsque celles qui portent ces mêmes extensions ne critiqueront plus les Nappy  « d’adopter des coiffures à l’ancienne » ou encore d’être négligées; autrement dit lorsque la gente féminine dite noire sera soudée et ce peu importe sa dimension plurielle mais surtout – et voyons plus loin-  lorsque les clivages séparant  les différentes communautés noires de France s’affaisseront – sous le poids de prises de consciences subversives de ce type – l’appendice socio-culturel négatif du prénom Fatou n’aura plus lieu d’être.

Cependant, le terme  Fatou  peut être utilisé -inconsciemment- sans réelle connotation négative par d’autres  filles ou jeunes femmes noires.  Mais je reconnais qu’il est important de s’interroger sur l’institutionnalisation informelle de ce terme, sur son évolution, et surtout sur son emploi qui est devenu systématique, commun et banal.

Il faut reconnaître, que l’on soit d’accord ou non avec le contenu de cette vidéo, que leur initiative est à saluer à savoir se mettre en scène, à visage découvert et de mettre l’accent sur ce sujet délicat…

Je les encourage à structurer leurs propos avec de multiples références historiques, et des avis d’auteurs, de sociologues qui ont travaillé sur le thème de la Femme noire, ainsi que de pousser la touche humoristique à fond.

D’un fait de société, Solly et Nimissa sont parvenues à soulever des questionnements profonds en ce qui concerne  les thèmes de la représentation de la femme noire et de l’aliénation esthético-culturelle.

 

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Un commentaire

  1. Black lolita

    « lorsque celles qui portent ces mêmes extensions ne critiqueront plus les Nappy  ”d’adopter des coiffures à l’ancienne” ou encore d’être négligées »
    Moi j’ai remarqué que c’était plutôt les porteuses de tissages et de cheveux defrisés qui étaient plus souvent negligées. Certaines gardent la même perruque des mois durant et la laisse en decrepitude tandis qu’une nappy girl n’a pas d’autre choix que d’entretien son bel afro quotidiennement . De plus on aura beau dire porter une perruque c’est pas le top niveau hygienne, le cuire chevelu n’est pas atteignable lors du shampooing. Les nattes c’est mieux, c’est plus raffiné.

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