MA visite du Jardin d’Agronomie Tropicale de Paris!

Appendice historique phagocyté par la renommée du Parc Floral – tout comme la Cité de l’Immigration et l’Aquarium de la Porte Dorée… –  le jardin d’agronomie tropicale, est encore le site de vestiges datant du début du XXème siècle. De stèles en mémoire des anciens combattants d’Afrique et d’Asie de l’empire colonial français aux ruines de pavillons, le jardin d’agronomie tropicale de Paris  reste méconnu du grand public et n’attire pas grand monde.

Cependant, ma visite me pousse à diverses interrogations :

– Pourquoi la valeur historique de ce site n’est-elle pas reconnue ?

– Dans quel cadre ces plantes dites tropicales étaient-elles expérimentées ?

– Pourquoi ce site ne fait  l’objet d’aucun chapitre dans les manuels scolaires d’Histoire français ?

– Des groupes scolaires ont-ils déjà étaient amenés à visiter ce site ?

– Pourquoi ce site historique fut laissé à l’abandon par les autorités françaises durant de si nombreuses années ?

– Où sont conservées les archives propres aux deux expositions coloniales de 1905 et 1907?

– Une personne lambda peut-elle les consulter librement ?

– En quoi les autorités françaises ont-elles intérêt à dissimuler dans la poussière ce site communément appelé le Jardin d’Agronomie Tropicale aujourd’hui ?

Une partie de l’histoire de ce jardin n’est pas révélée : certes l’agronomie y occupe la place principale, or divers faits semblent occultés.

Pour se (re)situer :

C’est par un décret de 1899 que fut « créé à Vincennes, sous le nom de Jardin d’essais colonial, un Service ayant pour objet de fournir aux jardins d’essais des possessions françaises, les produits culturaux dont ils pourraient avoir besoin, ainsi que de réunir tous les renseignements les intéressants. »

Jean-Thadée Dybowski, agronome et explorateur du Congo, en fut le premier directeur.

Le Jardin d’essai colonial, nommé plus justement, un an après sa création, « Jardin colonial », occupa au total plus de six hectares. Il avait initialement deux missions. La première était de fournir des produits coloniaux aux jardins d’essais dont il assurait la coordination technique : dès 1899, le jardin fut donc doté de serres d’où partaient chaque année plus de 10 000 plantes et 40 000 graines. La seconde mission était de « réunir tous les renseignements » : dès 1900, le Jardin fut donc doté d’une bibliothèque qui est aujourd’hui le noyau originel de la bibliothèque du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Après enrichissement successifs au cours du temps, cette bibliothèque est aujourd’hui d’un grand intérêt pour les recherches historiques.

Grâce aux agronomes qu’elle a formés l’Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture Coloniale, créée dès 1902 par Jean Dybowski, a permis au Jardin colonial de contribuer à la naissance d’une véritable agronomie tropicale.

Héritier naturel du jardin colonial, le CIRAD est toujours présent en ce lieu qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui Jardin d’agronomie  tropicale. Si la direction générale est installée dans le 16ème arrondissement de Paris et que, après délocalisations successives, l’essentiel des équipes scientifiques sont basées désormais en Outre-Mer ou à Montpellier, des services n’en demeurent pas moins dans les bâtiments du Jardin. Depuis 1996, le CIRAD abrite sur ce site un campus dédié au Développement Durable et à la Mondialisation. Plusieurs organismes y sont présents outre le CIRAD : le VNRS, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’INRA, l’Université Paris 1 ( Institut d’Etudes Economiques), Paris 2 et l’association Solagral.

Jean-Thadée Dybowski, premier directeur du Jardin colonial, eut l’idée, dès 1905, d’organiser sur le site une exposition coloniale qui eut très peu de succès. Le grand retentissement que connut en 1906 l’Exposition de Marseille l’incita à organiser une nouvelle exposition en 1907.

Des constructions réalisées pour l’exposition coloniale de 1907, il demeure aujourd’hui, dans le jardin : le pavillon tunisien, le pavillon de la Guyane, le pavillon de l’Indochine, la porte chinoise, le pont tonkinois, le pont khmer et le portique du Temple du Souvenir indochinois.

C’est certainement parce que la mosquée construire en 1907, détruite aujourd’hui, servit d’hôpital aux soldat coloniaux de la première guerre mondiale, que des monuments commémoratifs, élevés aux morts de la guerre 1914-1918, ont été érigés à partir de 1920 . Il s’agit notamment du Monument aux soldats de Madagascar, composé d’une colonne ornée de céramiques et surmontée d’un aigle de bronze, édifié sur l’emplacement du pavillon détruit de Madagascar, du Monument aux soldats noirs, du Monument aux soldats coloniaux, du Monument aux soldats cambodgiens et laotiens.

La plupart des bâtiments subsistant sur le site du jardin ont été inscrits en 1994 sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

( du document de présentation du Jardin d’Agronomie tropicale)

La serre du Dahomey avec les « Poteaux Fétiches » © african links

 Les ruines des serres d’exploitation des plantes tropicales © african links

 Monument d’hommage aux soldats noirs morts pour la France © african links

                      Monument d’hommage aux soldats noirs morts pour la France ©african links

Monument d’hommage aux soldats coloniaux morts pour la France  ©african links

Monument d’hommage aux soldats coloniaux morts pour la France © african links

 Exposition dans le Pavillon de l’Indochine réhabilité © african links

 Le portique du Temple du Souvenir indochinois  © african links

        Le pavillon de l’Indochine © african links       

   Monument d’hommage aux soldats indochinois chrétiens morts pour la France © african links

     Monument aux soldats indochinois chrétiens © african links

 Esplanade du Dihn, Urne funéraire © african links

    L’entrée du Jardin d’agronomie tropicale  © african links

Pour finir sur une note – toujours –  dissonante, je conclue ce post sur mon indignation en ce qui concerne le tollé médiatique que suscite le voyeurisme touristico-raciste dont est victime la tribu Jawara.

Visiblement, le voyeurisme raciste, la peur de l’inconnu mais surtout la stupidité ont de longs jours devant eux…

http://videos.tf1.fr/infos/2012/la-tribu-des-jarawa-menacee-par-les-tours-de-safaris-humains-6930336.html

Accès au Jardin d’agronomie tropicale:

45 bis, avenue de la Belle-Gabrielle, 75012 Paris

M° Château de Vincennes , ligne 1 puis bus 114 arrêt Nogent-sur-Marne

Ouvert Samedi et Dimanche au public de 9h30 à 17H ( les horaires ne sont les mêmes suivant les mois de l’année)

ou RER A , Station Nogent/Marne   (direction Boissy-Saint-Léger – La Varenne)

Liens utiles :

http://www.nogent-citoyen.com/pratique/places-parcs-squares-et-jardins-publics/le-jardin-tropical

http://www.paris.fr/loisirs/paris-au-vert/bois-de-vincennes/jardin-d-agronomie-tropicale/rub_6566_stand_10127_port_14913

http://www.expositions-universelles.fr/1907-vincennes.html

 

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