Focus #4: « Django Unchained » de Quentin Tarantino

french

Le dernier film de Quentin Tarantino Django Unchained a explosé le box-office français avec  1.128.810 entrées dès la première semaine de sortie. Django, dont le rôle est interprété par Jamie Fox, est un esclave qui retrouve sa liberté et devient chasseur de prime. Avec l’aide de son acolyte allemand, il retrouve la trace de sa femme Broomhilda – Kerry Wahington, afin de la récupérer. Entre les diktats d’une société esclavagiste – l’histoire se déroule au 19ème siècle – le danger planant, et une violence inédite, Tarantino nous propulse dans un road-movie des plus trépidants.

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Pourquoi un Django Unchained en 2013?

Django est initialement un western italien, dont le héros est blanc.(1) Qu’apporte de novateur la transposition de cette histoire  dans une Amérique raciste et esclavagiste?

Les années 2000 voient une Afrique nouvelle, une nouvelle génération d’Africains et Afro-descandants qui demandent  réparation et prennent de nouvelles initiatives. L’Afrique devient à la mode et vivre pleinement sa négritude insufflent une nouvelle énergie dans la sphère mondiale. de Nollywood à Solange Knowles qui arbore une coupe afro en passant par la fantaisie de s’habiller tout en wax, on constate que tout ce qui touche au continent africain peut aujourd’hui exercer un fort pouvoir d’attraction, et ce sur la scène internationale…

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Le réalisateur a-t-il souhaité récupérer un public non et/ou peu sensible à son art, surfant sur la vague de la tendance actuelle  du « I love Africa »? Car même si l’histoire se déroule aux Etats-Unis, les esclaves noirs, venaient d’Afrique…

Jamie Foxx, Kerry Washington, Quentin Tarantino, Samuel L. Jackson and Christoph Waltz attend premiere of 'Django Unchained' in Paris

Le racisme tourné en dérision avec la scène des cagoules mal confectionnées, ou encore Tarantino qui est lui-même éliminé comme un vulgaire pion par Django, nous rappellent que nous sommes dans une salle de cinéma – ou non…- en train de regarder une fiction s’inspirant de faits historiques.

Pas de sentiment manichéen poussant le spectateur noir à ressortir avec une envie viscérale de tuer tous les Blancs qui croiseraient son chemin, mais peut-être la sensation d’avoir passer 2h44 à se divertir. Car celui qui rend la liberté à Django et qui devient son ami, est blanc. Django mène un combat personnel : il prend sa revanche, en tuant des  Blancs et un esclave noir  trop assujetti…

Le thème de l’esclavage peut-il être utilisé à divertir?

Le film reste cependant une fiction, une supposition de légende. Au contraire du Hitler d’Inglorious Bastards, le Django de Tarantino n’est présent dans aucun manuel scolaire.

Je ne vois en Django Unchained aucune contribution à la commémoration de l’esclavage. En effet, ce trait majeur de l’Histoire constitue une toile de fond au film de Tarantino, tout comme la Seconde Guerre Mondiale en constituait une dans sa précédente production Inglorious Bastards. Et retranscrire un détail des plus signifiants – comme une mort publique par pendaison ou encore une scène entière d’un esclave fouetté – de cet épisode des plus atroces qu’a connu l’Histoire, aurait été un réel manque de respect du réalisateur, aux communautés africaine, afro-américaine et afro-descendantes.

Tarantino a su rester habile dans ses choix esthétiques et techniques. Le manque de repères politiques ou sociales, mène le spectateur à suivre avec engouement les péripéties de Django.

Une certaine polémique soulevait le fait que les acteurs noirs meurent toujours en premier dans les films, Jamie Fox lui reste en vie et ce jusqu’à la fin….

 

 

english 

The latest Quentin Tarantino movie Django Unchained has exploded the French box office with 1,128,810 entries in the first week of release. Django, whose role is played by Jamie Fox, is a slave who found freedom and becomes bounty hunter.

With the help of his German sidekick , he finds the trace of his wife Broomhilda – Kerry Wahington – to recover her. Between the dictates of a slave society – the story takes place in the 19th century – the danger that hovers and an unprecedented violence, Tarantino propels us into a road movie of the most hectic.

Why a film like Django Unchained in 2013?

Django is originally an Italian western , whose hero is white. (1) Wherein is innovative the implementation of this history in a racist  and proslavery America?

The 2000s saw a new Africa, a new generation of Africans and Afro-descandants seeking redress and take new initiatives. The fact that Africa becomes fashionable and live fully his blackness infuse new energy into the global sphere. From Nollywood, to Solange Knowles’s afro through the fancy to dress in wax materials, we see that everything related to the African continent can now exert a strong power of attraction on the  international scene…

Did The director  want to retrieve a public insensitive to his art, drifting on the current trend of « I love Africa »​​ wave ? Because even though the story takes place in the United States, the Black slaves came from Africa …

Racism derided through the scene about hoods poorly crafted, or even Tarantino himself eliminated as a mere pawn by Django remind us that we are in a movie theater – or not … – watching fiction inspired by historical facts.

The Black viewer has no reason to be pushed into a Manichean reasoning with a visceral desire to kill all the Whites who crossed his path, but perhaps he can feel having spent 2:44 entertaining. Because Django gaines freedom and becomes closed to   White man. Django leads a PERSONAL fight , taking his own revenge, killing White people, and a Black subjected slave…

 

The theme of slavery may be used to entertain?

The film remains a fiction, an assumption of legend. Unlike  the Hitler of Inglorious Bastards, the Tarantino’s Django  is present in any school books.

I don’t see  in Django Unchained any contribution to the commemoration of slavery. Indeed, this major feature of history is used as a backdrop by Tarantino, as the World War II was in Inglorious Bastards. And transcribe a detail of the most significant – as a public death by hanging or even an entire scene of a slave whipped – of this atrocious episode experienced by history, would have been seen like a real lack of respect  from the director to African, Afro-American and Afro-descendants communities.

Tarantino has managed to stay skillful in his aesthetic and technique choices . The lack of political or social benchmarks, leading the viewer to follow the adventures of Django with infatuation.

A certain polemic highlighted the fact that Black actors always die first in movies, Jamie Fox, remains alive until the end ….

 

En + :

(1) http://www.lenouveaulatina.com/films/1403

 

Virginie Echene

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