Focus ‪# 9: « Picasso Baby » of Jay-Z

PicassoBabyPicasso Baby © Jay Z via Youtube 

L’investissement de l’espace d’art par le rappeur

Jay-Z est un rappeur qui a plusieurs casquettes. Homme d’affaires à la tête d’un patrimoine colossal, le chanteur icône de la scène du hip-hop Outre-Atlantique et mari de la célèbre chanteuse actrice Beyoncé, a créé la marque Rocawear en 1999, et dispose d’actions dans de nombreuses sociétés. Homme d’influence et chanteur au talent incontestable, Jay-Z est une grande figure du paysage musical actuel.

Le Hip-Hop rimant avec sous-cultuture, sub-culture et/ou culture urbaine, entrait dans l’espace d’art qu’est la galerie d’art, par le graffiti, le tag ou encore les portraits de figures de la scène Hip-Hop de Kehinde Wiley. Mais Jay-Z investit l’espace d’art de sa propre personne, par la performance qui a dans ce cas précis, plusieurs dimensions.

La question de la performance

La performance dans l’art contemporain est délivre souvent un message indéchiffrable pour un public non averti. Même si la vie quotidienne est ponctuée  d’actes performatifs, il est évidemment important de définir l’espace spatio-temporel de la performance.

Ainsi, Jay-Z livre t-il au public de la  Pace Gallery un concert de six heures? un spectacle en toute exclusivité? Une performance artistique? La possibilité de participer à un clip vidéo, une oeuvre d’art ou un court métrage au sujet de son nouveau titre « Picasso Baby » ?

La double voire la triple dimension de la performance est mise en évidence pour définir une action unique en son genre: la performance  dans le sens d’une action délimitée dans l’espace spatio-temporel – le mercredi 10 juillet 2013 à la Pace Gallery de New-York – ,  la performance physique – chanter pendant six heure de suite – et enfin la performance musicale.

PicassoBaby_3 

Picasso Baby © Jay Z via Youtube 

 

La pluridisciplinarité de la performance de Jay-Z

Jay-Z choisit d’investir un espace d’art pour le lancement de sa nouvelle chanson « Picasso Baby ». La performance respecte les codes de l’industrie musicale. Le spectacle se déroule devant un public qui est en interaction avec l’artiste et qui participe à la performance. Privilégiées sont ces personnes qui ont pu assister à cette manifestation.

On retrouve la spontanéité et la théâtralité aléatoire propre à la performance dans l’art contemporain. L’auteur de cette performance est un rappeur mondialement connu .

La vidéo et la photographie permettent de garder des traces de l’événement. Or, la pérennité de la performance joue sur le degré de notoriété de Jay-Z, et sur le fait que les traces médiatiques laissées ont une plus grande ampleur qu’une performance « classique » d’un artiste conceptuel. C’est un obstacle au caractère éphémère de la performance: « Picasso Baby » s’inscrit dans une pérennité médiatique. Car jonglant entre musique et art contemporain, « Picasso Baby » représente un objet de consommation – à savoir un clip vidéo – et une oeuvre d’art, car l’illustration vidéographique est réalisée dans un espace d’art.

Dans le titre, nous retrouvons le nom d’un grand artiste du 20ème siècle. En effet « Picasso Baby » fait référence au maître du cubisme,Pablo Picasso. Jay-Z se définit comme « le nouveau Jean-Michel » – Basquiat -, improvisant  sur un socle blanc, telle une oeuvre d’art vivante. Et chacun leur tour, les membres du public prennent place sur un banc, pour l’admirer et interagir avec lui.

Performance de longue haleine, Jay-Z affronte Marina Abramović qui en 2010, s’était livrée à un défi extrême pour The Artist Is Present : Durant trois mois – chaque jour d’ouverture – l’artiste est restée quotidiennement assise sept heures et demi sans manger, boire, ou se lever, un exploit d’endurance mentale et physique ; un défi, même, pour une habituée de ce type de performances.*

Jay-Z , un Picasso en herbe, n’est-ce pas? Ce clin d’oeil multidisciplinaire à l’œuvre de Marina Abramović signe un chef-d’œuvre qui fait preuve d’habileté.

PicassoBaby_2 Picasso Baby © Jay Z via Youtube 

 

L’interaction de l’art contemporain et du Hip-Hop

Le téléchargement illégal et le coté obscur d’Internet parasitent l’économie de l’industrie de la musique. Le Hip-Hop est un genre musical  souvent opposé aux pratiques culturelles telles que la visite de musées ou encore le mode de vie de classes sociale favorisées. L’art contemporain est-il réservé qu’à certaines classes sociales?

Avec cette performance Jay-Z décloisonne le champs de l’art pour un public différent, déverrouillant la porte de la Pace Gallery à un public qui n’avait pas l’habitude de fréquenter l’espace.

La place du public

Le public semble être composé de fans de Jay-Z, et de personnes étrangères au monde de l’art contemporain et/ou au genre musical du Hip-Hop. Cet ensemble de personnes assiste, malgré leurs différences de pratiques culturelles et de milieux sociaux  à une performance d’un nouveau genre. Une réelle interaction est permise par la notoriété de l’artiste. Le public en pleine effervescence, chaque membre qui participe à « Picasso Baby » est fier, ayant à l’esprit  les retombées médiatiques et pensant vivre leur minute de gloire aux côtés de Jay-Z.

Quelle belle publicité pour la Pace Gallery de s’offrir Jay-Z pour une performance in-situ. Reste à savoir à quel rang  se rangera Jay-Z dans le classement d’Artprice.

english

The investment of the art space by a rapper

Jay-Z is a rapper who has several functions. Businessman at the head of a huge heritage,  icon of the Hip-Hop scene in United States and husband of the famous actress and singer Beyoncé, he created the brand Rocawear in 1999, and has shares in many companies. As a key influencer and undeniable talent singer, Jay-Z is a great figure of the current musical landscape.

Hip-Hop synonymous of urban culture enters in the art space which is the art gallery before  with the graffiti, tag or  Kehinde Wiley’s paintings representing Hip-Hop scene figures. But Jay-Z invests the art space of his own person, through the performance which in this case has several dimensions.

The issue of performance

Performance in contemporary art often delivers an indecipherable message for a well-informed public. Although the everyday life is punctuated by performative acts, it is obviously important to define the space-time of the performance.
Thus, does Jay-Z give the Pace Gallery public a  six hours-lenght concert ? An exclusive show ? An artistic performance? The opportunity to participate in a video clip, a work of art or a short-lenght film about his new single « Picasso Baby » ?

We can notice the double indeed the triple dimension of the performance to define a single action of its kind : the performance in the sense of an action defined in the spatiotemporal space – Wednesday July 10th, 2013 at the Pace Gallery in New York – physical performance – singing during 6 hours – and finally the musical performance, with show in front an audience.

The multidisciplinary performance by Jay-Z

Jay-Z chooses to invest an art space for the launch of his new song  » Picasso Baby ». The performance respects the codes of the music industry. The show takes place in front of an audience which is in interaction with the artist and a part of the making of « Picasso Baby ». Those people who were able to attend this event, are privileged.

We find the spontaneity and the random theatricality again,  proper to the performance in contemporary art . The author of this performance is a world – famous rapper.

Video and photography are used to keep a record of the event. But, the durability of the performance plays with  Jay-Z’s degree of celebrity , and as a  media hit has a bigger extent than a « classic » performance from a conceptual artist. This is an obstacle for the ephemeral aspect of the performance: « Picasso Baby » fits into a mediatised durability. Juggling between music and contemporary art, « Picasso Baby » is an object of consumption – indeed a video clip – and a work of art, produced in an art space.

We find, in the title, the name of a great artist of the 20th century. Indeed, « Picasso Baby » refers to the master of cubism, Pablo Picasso. Jay-Z  defined himself as « the new Jean-Michel  » – Basquiat -,  improvising on a white base, as a living work of art. And each turn, members of the public take place on a bench to admire him and interact with him.
Long-term undertaking, Jay-Z faces Marina Abramović who in 2010, at the MomA of New-York had engaged herself  in an extreme challenge for The Artist Is Present: for three months – each opening day – the artist remained sitting day seven and a half hours without eating, drinking, or get up, a feat of mental and physical endurance, a challenge even for a veteran of this type of performance *.

Is Jay-Z  a little Picasso, isn’t he? This multidisciplinary wink to Marina Abramović’s work signs a clever masterpiece.

The interaction between contemporary art and Hip-Hop

The illegal downloading and the obscure side of the Internet parasitize the economic of the music industry. Hip-Hop is a musical genre often opposed to cultural practices such as visiting museums or  favored social classes’ lifestyle. Is contemporary art  reserved to certain social classes?

With this performance Jay-Z decompartmentalizes the art field for a different public, unlocking the  Pace Gallery door for an audience that did not used to frequent the space.

The place of public

The public seem to be a mix of Jay-Z’s fans, people unconcerned by contemporary art and/or  by Hip-Hop music. But together, they attend a performance of a new kind, in spite of their cultural differences and their social background. The place determines the nature of the mix.

The renown of the artist permits a real interaction. The audience being buzzing, every member  who participates in « Picasso Baby » is proud, having in mind the media coverage and thinking to live their minute of fame alongside Jay-Z.

What a great advertisement for the Pace Gallery having Jay-Z for an in-situ performance. The question remains : to which Artprice rank Jay-Z will be ranked.

 

Texte Virginie Ehonian

En +:

http://www.pacegallery.com

http://www.pacegallery.com/news/1912/jay-z-s-picasso-baby-video-shoot-at-pace-gallery-organized-by-jeanne-greenberg-rohatyn-directed-by-mark-romanek-hosted-by-andrea-glimcher

http://www.theguardian.com/music/2013/jul/11/jay-z-picasso-baby-new-york

*http://www.louvre.fr/marina-abramovic-artist-present

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On african links :

The art of Kehinde Wiley

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