Moi j’ai vu « 12 Years A Slave » et Vous?

Sorti dans les salles françaises le 22 janvier dernier, 12 Years A Slave est LE film de ce début d’année 2014.

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Source de l’image: Web 

La perte de soi à travers la déshumanisation

12 Years A Slave traduit avec force, habileté et émotion les souffrances endurées par les hommes, femmes et enfants noirs réduits en esclavage dans les Etats-Unis du XIXème siècle.

Durant 2h13, Steve McQueen nous transporte au coeur de l’esclave à travers des moments de violence insurmontable,  empreints d’une brutalité inouïe. Ou encore à travers ces scènes durant lesquelles les esclaves ne sont réduit qu’à de simples objets: objets de reconnaissance de dette, objet attestant la fortune d’un homme blanc ou encore objet sexuel.

Vivre ou mourir, vivre pour survivre, vivre en mourant un peu plus chaque jour : Salomon Northup, le héros du film devient le prisonnier de son quotidien d’esclave.

Arraché à sa famille, déchu de sa condition d’homme noir privilégié dans un pays gangrené par un racisme aveuglé de haine, Salomon Northup, violoncelliste de talent, devient Pratt, un rouage de plus dans la mécanique machiavélique de l’esclavage. Dénué d’attributs sociaux, le film décrit minutieusement de quelle manière il perd peu à peu l’estime de lui-même et  son amour-propre, sous les brimades et les coups de fouet quotidiens – il présentera à ses proches ses excuses lorsqu’il les retrouvera, pris de remords d’avoir été humilié. Il a perdu la maîtrise de son propre corps qui devient la propriété de son maître.

Tout au long du film, la mort plane. Une violence latente sévit au moment où le spectateur s’y attend, mais d’une manière tellement inhumaine qu’il y a un effet de surprise.

La mémoire de l’esclavage

Alors que certains nient les conséquences destructrices de l’esclavage et que d’autres par ignorance ou encore mépris, les repoussent dans le temps minimisant son impact dans l’Histoire universelle, Steve McQueen restaure la mémoire de Salomon Nothup, homme noir libre, enlevé et réduit en esclavage, et produit un espace intemporel et universel de commémoration de la mémoire de l’esclavage, au XXIème siècle .

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Source de l’image: Web

Django Vs Salomon Northup: la fiction Vs la réalité

Janvier 2013, signait la sortie officielle de Django de Quentin Tarantino, en France.

12 Years A Slave et Django sont deux blockbusters qui traitent de l’esclavage. Cependant, bien que la thématique est commune, les motivations des deux réalisateurs diffèrent, rien qu’au niveau de la psychologie des personnages principaux.

Salomon Northup est coupé, arraché de sa famille, il ignore s’il retrouvera ses proches, et le spectateur aussi: toute l’intrigue du film tourne autour de cet élément. Le Django de Tarantino subit aussi une perte sentimentale: il recherche sa femme. Or, dans le cas de Django, le spectateur est quasiment certain qu’il retrouvera sa moitié, car elle est l’une des rares esclaves noires à savoir parler allemand. Il ne subit pas ce changement de statut social, qui diminue considérablement Salomon Northup et le pousse à endosse le rôle de Pratt, l’esclave. C’est dans la douleur et le désarroi que le personnage de 12 Years A Slave revoit sa condition d’homme noir libre et instruit  pour devenir un sujet docile. En tant, qu’homme noir privilégié il n’a aucune connaissante de l’enfer que vivent les esclaves dans le sud esclavagiste des Etats-Unis. Son enlèvement le renvoie à sa couleur de peau qui elle-même le renvoie à une condition de vie qu’il a nié, étant libre.

Django est assoiffé de vengeance et fougueux tandis que Salomon frappe et rend les coups pour survivre et se maintenir en vie dans des situations inhumaines. Il jongle entre la haine et les valeurs de son rang social. Il n’est pas animé par un sentiment de vengeance, Salomon recherche juste une solution pour quitter sa condition d’esclave.

Telle une poussée d’adrénaline Django s’arrête là où Salomon recommence à vivre, retrouvant son ancienne condition et ses proches.

S’appuyant sur des faits réels, Steve McQueen écrit une nouvelle page de l’esclavage qui s’inscrit dans le livre de l’histoire universelle.

En juillet 2007, à Dakar, un homme politique « regrettait » que l’homme africain ne soit pas assez entré dans l’histoire. En tant qu’être acculturé et Africain-Américain, l’histoire de Salomon Northup est gravé dans les mémoires de chaque spectateur ayant vu 12 Years A Slave de Steve McQueen.

En +:

Mémorial de l’Abolition de l’esclavage à Nantes, France

http://memorial.nantes.fr/esclavage-et-lutte-pour-la-liberte/la-traite-negriere-atlantique-et-l’esclavage-colonial/

Sur african links

L’affaire de l’esclave Furcy

Django de Quentin Tarantino

L’Île de Gorée, Sénégal

 

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4 Commentaires

  1. lily

    Justement, le but de 12 years a slave est une tactique psyco employee de facon a ce que le psychisme des noirs soit grave a jamais qu’il est esclave. Faisons attention a tous ces films sur l’esclavage dont on nous bombarde chaque jour. Ecoutez la psychiatre noir americaine Dr Frances sur youtube.

  2. Bonjour, puisque tu étais abonné/e au Blog Migration-X3, je te laisse ce message afin de t’informer que Migration-X3 a été supprimé. Désormais, le même Blog et son contenu porte le nom de D.A. Lavoie, à l’adresse suivante : http://dalavoie.wordpress.com . Je te demande alors d’en prendre bonne note et ce sera un réel plaisir de t’y recevoir! Bonne fin de journée, D.A.Lavoie

  3. Ping : Lupita Nyong’o x Oscar 2014 | african links

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