Hommage à deux grands artistes

C’est à la galerie du Galerie du Jour, que je découvre les dessins aux crayons de couleur de Frédéric Bruly-Bouabré. Pour l’exposition « Bon séjour », sont exposés ses dessins de petits formats, dont l’esthétique est proche de celle d’ un dessin d’enfant, mais d’une authenticité et d’une sincérité singulière et alertante.

 Bruly Bouabré 01-1-thumb-500x604-18298Source de l’image: Web 
 

Mais qui est cet artiste ? – Frédéric Bruly Bouabré – Il a un certain âge. – Ah! il est ivoirien : d’origine ivoirienne, je ne le connaissais pas du tout et n’avais pas entendu parler de lui avant 2010.

Quelle est la signification de ces dessins qui semblent ignorer les moyens techniques contemporains ?

Il interroge avec précision le statut d’artiste africain entre art et mysticisme : Frédéric Bruly Bouabré affirme avoir reçu un signe divin marquant le début de sa démarche artistique. Il entame alors son projet concernant l’alphabet Bété.

Ce sera dans les locaux du bureau d’André Magnin, que je côtoierai son œuvre de plus près, discernant sa personnalité et l’héritage qu’il construisait autour de son patronyme. 

Puzzle d’une réflexion philosopho-artistique ces dessins forment un ensemble riche, sillonnant entre art naïf, art contemporain, art contemporain africain, puis peu importe la catégorie de classement de cette artiste hors compétition, qui a su marqué les esprit et le monde de l’art de son empreinte.

En parallèle, toujours au même endroit –  à savoir les locaux de Magnin-A –  je découvre le travail du photographe J.D.’Okhaï Ojekere.

Véritable encyclopédie capillaire et culturelle, son œuvre réunit des photographies de coiffures et de coiffes de propre à la gente féminine, au Nigéria. Sa démarche artistique s’inscrit dans une dimension historique, sociale et culturelle. Il laisse un héritage considérable au patrimoine culturel nigérian.

Travail d’envergure de plusieurs années, les portraits « capillaires » anonymes d’Ojekere font le tour du monde, devenant des objets de culture, des objets sociaux et des objets d’art à part entière.

 biennale_1 

Courtesy Biennale de Venise 2014, Arsenal  

Je déplore la disparition de ces deux grands artistes d’Afrique sub-saharienne qui ont su intégrer leurs œuvres à la sphère collective, et ce au service de la société et des générations futures, mais aussi à un public international.

Ils rejoinent tous deux, en ce début d’année 2014, le panthéon des grands artistes disparus…

 

Frédéric Bruly Bouabré 1923  – 2014

J.D.’Okhaï Ojekere        1930 – 2014   

En + sur african links:

Les coiffures de J.D.Okhaï Ojekere

L’héritage de la négritude dans l’art africain contemporain

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