Qu’est-ce que Dieu a à voir avec ceci?

Le 16 avril dernier signait la sortie de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?  dans les salles de cinéma françaises, une comédie du réalisateur Philipe de Chauveron.

Le scénariste de Neuilly sa mère s’essaie au traitement des problématiques du « vivre ensemble » français à travers cette  production.

qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-affiche-52e13866da5d1 Source de l’image: Web

 

La place des stéréotypes

Les dialogues du long-métrage sont ponctués de stéréotypes et de clichés que les acteurs se balancent au visage des uns et des autres de manière spontanée. La parole est donnée aux minorités ethniques qui font preuves de xénophobie, à l’égard des unes et des autres.

La force et la crédibilité de la proposition du réalisateur résident dans sa transposition fidèle à la réalité, et du fait que les stéréotypes ne sont pas émis de façon binaire. Car, même si Monsieur et Madame Verneuil ont du mal à accepter leur gendres qui ne sont pas français de souche, les marques de racisme émanent de part et d’autres: de Maghrébins envers les Noirs, des Chinois envers les Maghrébins, des Juifs envers les Chinois, des Noirs envers les Blancs… Il s’agit d’une réalité sociale qui prend tout son sens car dépeinte dans l’espace cinématographique.

Les symboles de la tête de nègre – pâtisserie que l’on peut trouver dans les boulangeries mais sous une autre appellation aujourd’hui… –  ou encore de la Marseillaise chantée avec honneur et ferveur par les gendres – clin d’oeil aux joueurs de l’équipe de football qui ne semblaient pas ou peu fiers de chanter l’hymne nationale – soulèvent des problématiques contemporaines et ancrent le film dans une dimension sociale, propre au mythe multiculturel français.

Le racisme anti-Blanc

Le père de famille Koffi incarne une confrontation de la vieille France traditionnelle et d’une « Afrique » qui a du mal à se défaire d’une ancienne domination coloniale.

Monsieur Koffi est cet « indigène » haineux du métropolitain, du colon qui cultive une rancune due à l’histoire. C’est ce personnage qui fait basculer la balance et affronte Monsieur Verneuil et ses clichés relevant d’un racisme ignorant.

Cependant, la figure de Charles de Gaulle réconcilie les deux pères de famille: on peut observer une double signification avec le personnage de Charles Koffi.  Les deux pères de famille se découvrent des points communs. La blessure causée par la morsure d’un énorme poisson, nous fait remarquer qu’ils ont quasiment les mêmes bagues d’où une complicité naissante.

La ville d’Abidjan est un symbole fort vue les problèmes diplomatiques de grande envergure entre la France et la Côte d’Ivoire depuis 2010, et notamment avec la dernière crise électorale et la comparution de Laurent Gbagbo devant le tribunal de la Cour Pénale Internationale.

La place de la femme racisée

Seule la femme blanche –  Madame Verneuil et ses filles –  émet son avis et sa volonté de s’opposer au dernier mariage de la famille Verneuil. La femme racisée autrement dit la femme noire incarnée par la mère et la sœur de Charles ici, accepte le mariage mixte sans réelle opposition, hormis celle contre Monsieur Koffi.

On assiste à un effacement de la femme racisée, qui n’émet aucun jugement de valeur et adhère au multiculturalisme français.

 

La production aborde certains thèmes tabous, sans pour autant les traiter dans leur intégralité. Même si  Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? survole ces thématiques, on peut y déceler une volonté chez le réalisateur d’aller plus loin que ses prédécesseurs.

En + :

 Amour sur place ou à emporter avec Noom Diawara

Intouchables

 

Virginie Echene

5 commentaires

  1. A reblogué ceci sur Omoyele's Bloget a ajouté:
    great analysis, I’m supposed to watch this movie on wenesday, Hoping not to be disappointed.

    Anyone who already watched it ? comments ?

  2. Très intéressant. Pas vu… La bande-annonce m’a suffit.. et je me suis demandée « mais pourquoi allez payer au ciné ce que je peux déjà entendre à gauche à droite ? ». Crainte semi-confirmée que ce film ne dépasse pas le cliché, contrairement à l’inégalable (et « un peu plagié ») « Devine qui vient dîner ? » avec Sidney Poitier… !

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