J’ai vu « Fastlife » et Vous?

Fastlife est à l’affiche des cinémas de France et de Navarre depuis le 16 juillet dernier. african links a été voir  le film de l’humoriste Thomas Ngijol !

faslife-Thomas-N-Gijol Image tirée du film Fastlife – source de l’image : Web

 Entre « Bling Bling » et vœu de succès

C’est une chute libre dans la descente aux enfers que décrit Fastlife.

Franklin Ebangué se livre à une course au succès, dans laquelle il s’essouffle et perd toutes ses valeurs. Le même symbole de la course vers la célébrité est mis en abîme avec le fait que le personnage soit un sprinter, dont la discipline est le 100m.

Avide de reconnaissance et de gloire, Franklin enchaîne les maladresses dans les domaines professionnel et personnel. Il est ébloui par les artifices d’une vie pailletée de célébrité, qui oscille entre la loi du show-business et un paraître vide de sens, socle du culte du « M’as-tu vu » et du « Bling Bling »

Le personnage de Samir – son meilleur ami – incarne de solides valeurs, et constitue un pilier fondamental pour Franklin, tel un point de repère et/ ou un refuge. Même si ce premier aspire également à devenir célèbre avec sa marque de T-shirt, il s’écarte des aspirations de Franklin, en servant de baromètre raisonnable à ses lubies.

Rap et sport

Le lien entre la musique et le sport est établi à travers la présence dans le casting du rappeur Kaaris ainsi que les références à Booba, artiste compositeur, homme d’affaires et figure emblématique du rap en France.

Le personnage de Franklin va s’essayer également à la musique, se mettant en scène de façon pittoresque dans une vidéo partagée sur le web, suscitant l’affliction de son entourage.

Une fois de plus le lien entre célébrité rapide, industrie musicale et la mise en scène de soi dans l’espace d’Internet, est établi.

Ce lien met en lumière la notoriété rapide que peut favoriser les réseaux sociaux et Internet, ainsi que cette terrible poursuite du succès – sur la toile et dans la réalité – dans laquelle s’engagent de nombreux internautes.

La complicité avec sa partenaire dans la vie, et à l’écran, Karole Rocher, est touchante. Nous assistons alors à un entremêlement avec sa vie personnelle et privée.

Ce parallèle entre la réalité et la fiction est d’autant plus surprenant que le spectateur peut s’interroger sur la portée du film Fastlife quand on sait que l’humoriste s’est  a été  écarté de la sphère médiatique – Canal +, France Inter ou encore le Jamel Comedy Club- depuis 2008.

S’agit-il de sa propre histoire qu’il dépeint ici ? Fastlife serait-il un récit autobiographique faussement fictionnel ?

Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens. – Proverbe d’Afrique du Sud

Désorienté, perdu et surtout célibataire, Franklin décide de retourner dans son pays d’origine qu’est le Cameroun.

C’est dans un autre contexte, loin de ce qui le rattache à cette course effrénée vers le succès, qu’il se recentrera sur ses objectifs. L’athlète retrouvera ses valeurs afin d’atteindre son objectif qu’est celui de se qualifier pour les Jeux Olympiques.

Le continent africain est  ici le symbole d’un retour aux sources et aux valeurs essentielles afin d’atteindre un équilibre vital.

Epilogue

Franklin a le sentiment d’être écarté et mis hors course, de ne plus être faire partie du « game » à 34 ans, dans une société où les médias, Internet et les réseaux sociaux dictent leurs lois pour faire et défaire les réputations, à une vitesse éclair.

Le personnage se bat pour des contrats publicitaires, dans la peur d’être évincé et mis sur un banc inexistant de remplaçants, afin de persister dans ce système de l’entertainment et du show-bizz sportif.

Plongé dans une interprétation manichéenne de son entourage, le personnage se ridiculise, sans honte. Contrarié, Franklin en veut au monde entier. Et c’est dans ses contrariétés et autres déceptions qu’il puise la force de continuer de croire en sa bonne étoile.

La production s’appuie énormément sur la chute du sportif, ainsi que sur le déséquilibre dans sa vie personnelle : c’est sur ces faits que l’histoire se construit. Entre ironie et humour, nous assistons à la lapidation médiatique du personnage, qui sans repère, commet des frasques parfois irréparables. Certaines scènes sont poussées à l’extrême pour rendre compte du ridicule du personnage. Mais, c’est tellement grossier et prévisible que les sourires et les rires s’esquissent pour s’effacer rapidement.

Le film de Thomas Ngijol décrit assez bien, avec ses propres codes, un phénomène que connaît la société française depuis l’essor d’Internet : la célébrité qui s’acquiert rapidement s’appuyant sur un vide intellectuel doublé d’un buzz médiatique.

Fastlife, un bon moment – au cinéma, devant la TV, ou devant son ordi- , une leçon de vie contemporaine.

 

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