Je fais mon cinéma #2

Capture d’écran 2015-03-18 à 14.23.06 Source de l’image : clip Liberian Girl de Michael Jackson via Youtube

American Sniper

Je suis arrivée en retard et tombe sur des images de cow-boys et de rodéos. Me serais-je trompée de salle ?

Euh… non en fait.

Chris Kyle est pataud, (un peu) beau gosse, un de ces gros costauds qui cherche un but dans sa vie. Il deviendra donc tireur d’élite de la Navy Seal et s’engagera aux côtés des forces militaires dans la guerre en Irak menée par les Etats-Unis.

Mais sa mission de protéger ses acolytes devient assez rapidement un tête à tête entre snipers. Un seul objectif lui taraude l’esprit : vaincre son homonyme irakien…

Vie de couple, rôle de père, de Légende humaine et le risque mortel lié à une carrière militaire… Chris Kyle perd ses repères et sombre peu à peu dans la névrose.

Ce portrait de ce « héros national » signe un blockbuster de plus à l’américaine avec des méchants à neutraliser et des gentils qu’il faut sauver à tout prix.

Dans cette atmosphère manichéenne, on assiste à une diabolisation stéréotypée primaire des Irakiens : fourberie, sauvageries (massacres à la perceuse), délation… Hommes, femmes et enfants sont concernés.

Mais au bout du compte, heurtée par toutes ces vies qui sont perdues, je me demande qu’est-ce qui justifie la guerre en Irak, ces soldats américains atrophiés qui perdent la boule, ces victimes irakiennes qui périssent sous les obus, bombes et balles américaines ? Ah oui, le 11 septembre… D’ailleurs, c’est ce qui va faire naître chez Chris Kyle un fort sentiment patriotique.

Déçue d’American Sniper…

Mais le film a au moins le mérite de nous faire comprendre tout le mécanisme psychologique national américain autour des enjeux des guerres menées au Proche et Moyen Orient.

Selma

 

Selma est un film sur les mouvements des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 1960.

Le film a volonté d’humaniser un Martin Luther King, icône africaine-américaine incontournable dans l’histoire contemporaine. Avec un casting de choc (David Oyelowo, Tom Wilkinson, Oprah Winfrey,Common, la chanteuse Ledisi, Tessa Thompson, Cuba Gooding Jr.…), Selma s’annonce comme un rendez-vous cinématographique à ne pas manquer.

Après un début politique édulcoré, la violence va crescendo dans ce film qui se situe en marge de l’actualité américaine. Les meurtres par balle de Trayvon Martin (en février 2012) et de Michael Brown (en août 2014) ou le décès d’Eric

Garner suite à un contrôle de police, placent les violences racistes au centre d’un débat national.

Oprah Winfrey signe une performance exceptionnelle – à mes yeux !- malgré son rôle mineur, ce qui n’est pas sans rappeler son personnage de Sofia dans Couleur pourpre (Steven Spielberg 1986) aux côtés de Whoopi Goldberg.

La question Who murdered Jimmie Lee Jackson ? résonne dans les méandres de l’histoire, et élève Selma au rang des films historiques sur les mouvements des droits civiques.

Cependant, il y a certaines failles qui peuvent perdre le spectateur (mon acolyte s’est endormi…) Carmen Ejogo dans le rôle de Coretta Scott King n’a pas la même stature qu’Angela Basset dans Malcom X (Spike Lee, 1992), et cela se ressent lors de la scène mythique des insultes et autres menaces téléphoniques.

L’accent est donc mis sur l’objectif des services secrets de détruire la cellule familiale d’un meneur, afin de l’affaiblir sur le plan politique. Les aventures extra-conjugales de MLK n’en demeurent pas moins un secret, et Selma, n’en fait un tabou, mettant le leader face à ses responsabilités de père de famille.

Selma reste cette petite ville d’Alabama qui fut le terrain d’enjeux politiques nationaux qui ont changé considérablement l’histoire des Etats-Unis.

Dear white people

On retrouve Tessa Thompson (elle a le rôle de Diane Nash dans Selma) qui voyage à travers les époques pour se retrouver dans la peau du personnage principal Sam dans Dear White People.

De questions raciales sur un campus universitaire à des histoires d’amour de couples mixtes en abordant les questions de genre, Dear White People, traite avec sarcasme des problématiques sociales américaines.

Se batte pour ses droits en tant qu’être racisé semble dépassé, au même titre qu’avoir une âme de militant dans un monde globalisé. Nous sommes dans les années 2010, tout est censé se passer pour le mieux : démocraties, liberté d’expression, droit des femmes… Il n’est pas inintéressant de constater qu’au coeur d’une université, les questions raciales régissent les relations entre ces futurs personnes d’influence, chefs d’entreprises ou encore citoyens lambda.

Dear White People nous poussse à nous interroger : pourquoi certains stéréotypes sont encore construits et érigés au rang de particularités identitaires d’une communauté?

Pourquoi une personne blanche qui se grime en noir doit-il  être encore acceptable comme au 19ème siècle ?

Le fin mot de l’histoire reste la morale aseptisée du vivre ensemble qui n’aurait pas été possible si Sam n’avait pas été métisse.

Dear White People, est intéressant et nécessaire dans le contexte américain, comme espace de dialogue; en France, pour (r)éveiller les consciences.

 

 

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