« Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko » à la Fondation Cartier

african links vous offre 20 invitations* pour visiter l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko à la Fondation Cartier.

* Invitations valables pour 2 personnes, du 11 juillet au 15 novembre 2015. – Pour participer c’est ici .

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JP Mika, Kiese na kiese (Le Bonheur et la Joie), 2014

Huile et acrylique sur toile, 168,5 x 119 cm

Pas-Chaudoir Collection, Belgique © JP Mika

Les corps des couples de danseurs sont enivrés de cette fièvre nocturne qui les condamne à l’agitation folle des soirées festives de Kinshasa.

Les lumières vacillent au rythme du vrombissement de la rumba qui anime et envoûte cette chaude nuit de 1983.

Personne ne proteste. Tous sont les partisants de cette ambiance démente pour laquelle ils deviennent, le temps d’une nuit des acteurs incontournables.

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Moke, Kin Oyé, 1983

Huile sur toile, 67 × 87 cm Collection André Magnin. © Moke

Un autre médium, un autre grand nom : la Moziki de Jean Depara reste figée dans le temps à travers cette photographie en noir et blanc. Pin-up plus sage, icône des temps modernes, la jeune femme pose sous l’objectif de Depara, témoignant d’une époque, d’une mode vestimentaire et de la fusion des cultures propre à la décennie 1955-65.

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Jean Depara, Sans Titre (Moziki), c.1955-1965

Tirage gélatino-argentique, 55,5 x 38 cm

CAAC – The Pigozzi Collection, Genève

© Jean Depara Photo © André Morin

Entre rêve d’indépendance, importation des cultures et histoire postcoloniale, notre Moziki s’érige comme un monument national devant l’Afro Negro Night Club One, Two, Tre.

Vincent Meesen faisait une référence directe à ce lieu pour sa vidéo-installation One.Two.Three (2015) présentée à la Biennale de Venise.

Le Pavillon belge – Biennale de Venise 2015

 

Du 11 juillet au 15 novembre, La Fondation Cartier présente l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko.

Photographie et peinture se renvoient la balle pour mettre la lumière sur les arts visuels de la République Démocratique du Congo.

Chéri Samba, Jean Depara, Shula, Bandoma… tant de noms d’artistes qui incarnent les facettes créatives de la nation.

 

Définir une peinture congolaise ?

En 2004, La Fondation Cartier présentait une exposition personnelle du peintre Chéri Samba. La vie quotidienne de Kinshasa et son lot d’histoires extraordinaires constituent, ainsi que des sujets les thèmes des peintures de l’artiste.

 

Dans la lignée de Bodo, Chéri Chérin ou Moke, Chéri Samba s’impose sur la scène internationale, notamment en participant à l’exposition Magiciens de la Terre.

 

Ses œuvres grand format ont une dimension moralisatrice. A travers une déclaration écrite, le peintre affirme son positionnement par rapport au sujet pictural.

Ainsi, La vraie carte du monde (2011) présente un autoportrait de Chéri Samba intégré à une carte du monde « à l’envers ». Le peintre renverse les codes et les imaginaires en présentant ce planisphère détourné. Il vise également à déconstruire les notions politiques « Nord » et « Sud », en renversant l’image de la carte du monde afin de soumettre une vraie version.

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Chéri Samba, La vraie carte du monde, 2011, Acrylique et paillettes sur toile, 200 x 300 cm, Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, photo © Florian Kleinefenn © Chéri Samba
La vraie carte du monde nous rappelle les affiches de propagande communistes chinoises et /ou russes. Pas de drapeau national juste cette carte du monde revisitée en toile de fond qui hisse l’auteur au rang des grands dirigeants contemporains. Cette mise en abîme de l’art dans le politique s’appuie sur l’ouvrage Mes étoiles deLilianThuram, et remet en question la place centrale de l’Europe dans l’Histoire.Cette œuvre subversive trouve écho dans les propos de Chéri Samba : « Je me sens une dette envers mon peuple. L’Afrique a besoin de ses intellectuels, de ses artistes. Un pays sans artiste est un pays mort. » (Propos recueillis par André Magnin en 2002 et 2003 à l’occasion de plusieurs conversations avec l’artiste à Paris et à Kinshasa. Extraits du catalogue de l’exposition.)

Focus #2 : L’histoire d’un petit poisson devenu grand – Chéri Samba

Les peintres présentés forme t-il une famille artistique homogène ?

Couleurs vives, formes figuratives et esthétiques particulières constituent des éléments disparates sur laquelle s’appuie la richesse de la « peinture congolaise ».

Le style « publicitaire » de Chéri Samba aborde les sphères politique et sociale ; Moke nous livre des instants historiques propres à la ville de Kinshasa ; Jean-Paul Mika mêle les codes de la photographie en studio à ceux de la peinture ; enfin, les peintres Lubaki (Antoinette et Albert Lubaki), Lukanga et Kibwanga, s’imposent en tant que précurseurs d’une peinture abstractive et figurative.

 

A l’instar de l’exposition « Popular Paintings » from Kinshasa (1)(2007-08Londres, Tate Modern) , Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko vise à poursuivre l’intégration de ces narrations artistiques déconnectées des ouvrages et manifestations de l’art moderne et contemporain, depuis 1926, dans le système de l’histoire de l’art.

Le chef d’orchestre

André Magnin est reconnu pour avoir été à l’origine des carrières internationales de nombreux artistes africains, tout particulièrement congolais. Il semble alors plus que cohérent qu’il soit le commissaire de cette exposition rétrospective de la scène congolaise. De la RDC, de la Côte d’Ivoire ou encore de Madagascar, Magnin fait résonner jusqu’en France et en Europe les sonorités jusqu’aux sourdes oreilles de la scène internationale de l’art.

 

Je prends ici le rôle du rassembleur, à la fois des œuvres et de leur histoire, sans esquiver la passion personnelle qui me le fait tenir. (2)

 

Passion personnelle et ambition sont les deux principales armes du commissaire de l’exposition qui aux côtés de Jean-Hubert Martin et Jean Pigozzi, est devenu une grande figure de l’art contemporain.

Ces œuvres sont les fragments artistiques d’une histoire contemporaine en marge.

Les photographies de Jean Depara, de Kiripi Katembo et du Studio 3Z se confrontent à une réalité imagée qui illustre un inconscient collectif congolais.

« Nos villes sont des grossesses. Elles accoucheront. » (…)

Ce pays danse et broute les feuilles vertes des zaïres. Cette ville respire comme un cœur de bœuf. Elle commence à venir au monde. En retard, mais au galop, elle vient. Kin-Kiese. (3)

Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko illustre cet entrain, cette vitalité kinoise qui part à l’assaut du monde artistique.

 

En + :

Plus d’infos ici

(1) http://www.tate.org.uk/about/press-office/press-releases/popular-painting-kinshasa

(2) http://fondation.cartier.com/#/fr/art-contemporain/26/expositions/1771/a-venir/2161/entretien-avec-andre-magnin/

(3) Sony Labou Tansi, Le sexe de Matonge, Autrement, hors-série, n° 9, 1984, p. 257-265

http://www.revuenoire.com/index.php?option=com_content&view=article&id=80&catid=16&Itemid=6

 

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