Retour sur le Salon BOUCLES D’EBENE

L’édition 2015 du Salon BOUCLES D’EBENE était très attendue : rendez-vous parisien devenu incontournable, le salon mettait à l’honneur du 30 au 1er juin dernier, designers, marques cosmétiques dédiées aux peaux noires et métissées ainsi que des produits capillaires dédiés aux cheveux bouclés, frisés et crépus.

Même si la thématique majeure reste le cheveu, les rencontres et conférences proposées par BOUCLES D’EBENE, abordent des problématiques sociales auxquelles sont confrontées les communautés noires en France.

Ainsi, l’estime de soi, la danse et la mode africaines, la dépigmentation de la peau ou encore les questions alimentaires, sont des sujets qui ont animé les ateliers et rencontres tout au long de l’événement.

Les créations capillaires de Séphora Joannes et Nadeen Mateky entre autres ont illuminé le podium de BOUCLES D’EBENE, qui se veut un espace d’échanges, de dialogues et une vitrine des thématiques liées au « cheveu afro » et par extension à la beauté noire, en France.

 IMG_7026© Boucles d’Ebène 

Plus de précision sur BOUCLES D’EBENE

Le Salon BOUCLES D’EBENE s’est s’institué en 10 ans comme l’événement précurseur en ce qui concerne le cheveu afro en France.

Les événements autour du « cheveu afro » se multiplient à Paris ces dernières années, tels que la Natural Hair Academy (NHA) qui a eu lieu en mars dernier.

Quel bilan et quel positionnement pour BOUCLES D’EBENE depuis 2005 ? Aline Tacite, l’une des trois fondatrices du salon – aux côtés de Marina Tacite et de Sandra Bozon – nous fait le plaisir de répondre aux questions d’african links.

« Il est important de rappeler que le Salon BOUCLES D’EBENE n’est pas un événement qui concerne uniquement le cheveu afro. Notre philosophie a toujours été d’aborder toutes les problématiques de fond liées à ce cheveu.  Au Salon BOUCLES D’EBENE, lorsque nous parlons de cheveu, nous parlons de beauté bien sûr, mais surtout d’estime de soi, d’économie liée à ce secteur, de culture, d’alimentation (la beauté du cheveu vient aussi de l’intérieur), et surtout nous célébrons toutes les composantes de ce qui constitue la culture afro en France, et à l’international.

Et avec cette année pour la première fois, un networking pour aider au financement des porteurs de projets, nous entendons donner des clés pour plus d’indépendance économique dans la communauté

Il est primordial pour nous que chaque visiteur ayant participé au Salon en ressorte avec une information, un conseil, une rencontre qui soit déterminante dans sa vie.

Et lorsque nous parlons de beauté du cheveu, nous mettons un point d’honneur à le célébrer, en mettant en avant tous ces talents qui érigent la coiffure afro en véritable art. Une de nos missions est notamment de parvenir à faire reconnaitre cet art dans le cursus professionnel en France, c’est notamment un des messages que nous faisons passer à travers les concours de coiffure que nous organisons

Nous sommes heureuses du chemin parcouru, notre volonté a toujours été de permettre l’émergence d’initiatives. C’est devenu réalité, et c’est tant mieux. Cela prouve que notre action a du sens. »

IMG_8434_WEBAline Tacite aux côtés de la présentatrice Ayden

Rokhaya Diallo nous parle de sa BD

Le Read Club! Club des auteurs afro a invité Rokhaya Diallo pour présenter son projet de bande dessinée Pari(S) d’Amies.

C’est dans une atmosphère matinale, intime et détendue de l’une des salles du Centquatre que l’essayiste s’est livrée sur ses intentions premières qui lui ont permis d’élaborer ce projet d’ouvrage,.

Rokhaya Diallo souhaite proposer « d’autres visage de Paris » qui sont propres aux diversités de la France d’aujourd’hui. D’une certaine manière, elle conteste la représentation d’une Parisienne exclusivement blanche.

Cependant, La BD n’est pas militante mais les choix et la proposition restent militants.

La figure de l’association des Indivisibles souligne le pouvoir important de la fiction à travers notamment la série télévisée Plus belle la vie diffusée sur France 3 : elle voit alors la bande dessinée comme un outil qui mêle histoire et comédie.

Pari(S) d’amies questionne également la représentation de la femme noire en France, et le problème d’identification pour une jeune fille noire.

Dans un climat social actuel des plus hostile, cet ouvrage met en évidence des problématiques liées au racisme, à la diversité culturelle et la perception des minorités en France.

La séance de dédicace de Rokhaya Diallo trouve tout son sens et une réelle cohérence dans la programmation du Salon Boucles d’Ebène.

Au même titre que l’intervention de Juliette Smeralda sur l’estime de soi.

Pour celles et ceux l’ont déjà lu, il ne resterait plus que l’adaptation en dessin animé à voir.

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Bloguer mode et beauté en 2015

Autre salle, autre conférence. Bloguer en 2015 : Une passion ou un métier ?

Entre conseils et partage d’expériences, quatre blogeuses – Fatou de Blackbeautybag, Danielle d’Afrosomething, Ursula de Beautiful Naturelle, Vivi d’Ivy-mag – sont réunies pour s’exprimer sur le sujet de « bloguer en 2015 ».

Ces différents parcours personnels mettent la lumière sur la question de la professionnalisation du bloguer et la monétiser de son audience. Ces jeunes femmes rapportent que l’estime de soi va de pair avec l’affirmation de sa personnalité.

 Back to Natural #2

 

Pour rebondir sur la question de la représentation de la femme noire dans la société française, ces blogueuses s’intègrent habilement dans le tissu médiatique, switchant de casquette pour s’ancrer de manière pérenne dans le paysage de la presse et de celui du web.

Rien qu’à voir les blogs mode et beauté qui bourgeonnent sur la toile, on peut constater qu’elles inspirent et servent d’exemple à suivre aux plus jeunes chez qui elles font naître des passions.

Les  blogueusesyoutubeuses, et autres « personnes d’influence »  tiennent un rôle majeur dans le changement de la perception de la beauté noire en France et ce depuis les réseaux sociaux.

On peut observer un réel « regain » d’intérêt  des grands groupes de cosmétiques ou de marques de luxe, pour la femme noire, en France.

A ce sujet, Alice Tacite réagit : Il était temps! La femme noire est une consommatrice à part entière dont les besoins spécifiques doivent être respectés et pris en compte. C’est une évidence aux E-Unis par exemple. En France, les choses changent, mais il y a encore beaucoup à faire. Nous espérons que ces marques sont attentives aux changements qui sont en train de s’opérer, et qu’elles sauront adapter leur stratégie !

 

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Plus que deux ans à tenir pour retrouver l’effervescence pluridisciplinaire  autour de la thématique du « cheveu afro » de BOUCLES D’EBENE.

Pour l’édition 2017, Aline Tacite souhaite développer certaines dimensions du Salon : « Une partie business encore plus présente! Notre premier networking cette année a été un succès avec à la clé quelques RDV concrets avec des business angels pour les personnes à la recherche de financement.  Nous voulons aller encore plus loin, et faire de ce networking un des moments phares du Salon. »

Un grand merci à l’équipe de l’agence Comme une Bavarde

En + : 

http://www.salonbouclesdebene.com

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