(For)Ever Young : James Barnor

african links vous offre un exemplaire de la toute première publication consacrée au travail photographique de James Barnor.

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 Qui l’aura ? Qui ne l’aura pas ? Réponse le 28 octobre !

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« Ever Young » est le nom du studio photo de James Barnor, qu’il a fondé dans les années 1950 ; mais il désigne également le titre de son exposition personnelle, qui s’est tenue dans un premier temps à Londres, à Iniva Rivington Place, en 2010.

Dans le cadre de la cinquième édition de la Biennale Photoquai, et en partenariat avec Autograph ABP, la galerie Clémentine de la Ferronnière, présente pour la première fois en France, une exposition révélant les clichés du photographe ghanéen. Une raison de plus pour s’intéresser de près au parcours, à l’histoire ainsi qu’à la démarche de ce capteur d’images exceptionnelles.


  © James Barnor, Sans titre no 4, une assistante de la boutique Sick-Hagemeyer, Accra, 1971. Courtesy Autograph ABP

Mode, politique, sport, médias… Les portraits signés James Barnor fige sous de silencieux témoignages, les expressions de ces acteurs anonymes ou non de l’histoire du Ghana, et des  diasporas africaines. Le Ghana perdrait son nom de Côte de l’or en 1957, mais n’en a pas pour autant perdu ses pépites.

Barnor travaillait en studio mais également en tant que photojournaliste à Londres, lorsque l’heure de l’indépendance sonna pour le Ghana, en 1957. Au fil de ses collaborations  pour le quotidien ghanéen Daily Graphic ou encore pour la revue de culture et de société sud-africaine Drum, il s’impose en tant que photographe incontournable, dont les clichés et autres reportages, sont utilisés pour illustrer de grands journaux.

Comme issues du même puzzle, ces pièces documentaires racontent chacune une histoire, qui est intensifiée par la touche esthétique de James Barnor. Il introduit et établit la photographie couleur en Afrique, tout du moins au Ghana.

  © James Barnor, Selina Opong, policière no 10, Accra, studio Ever Young, vers 1954. Courtesy Autograph ABP

Dans un décor sombre voir assez glacé, malgré la probable chaleur propre à une ville d’Afrique de l’ouest, une famille est photographiée à l’heure du petit-déjeuner.

L’ensemble des meubles composé d’un grand guéridon, d’une chaise et de deux sièges, ainsi que les chaussures du père et de la mère de famille, témoignent de la situation aisée des sujets photographiés. La petite fille, dubitative, regarde son père beurrer sa tartine. Son regard conduit le spectateur à s’attarder sur cette boîte de céréales Kellogg’s. Les produits alimentaires de l’entreprise américaine étaient alors exportés jusqu’aux pays du continent africain, bouleversant et homogénéisant les habitudes culinaires dans ces régions, avant l’indépendance.

 © James Barnor, Petit déjeuner avec Roy Ankrah, connu également sous le nom de « the Black Flash », Accra, vers 1952-1953. Courtesy Autograph ABP

Bien que l’on pourrait y croire, il ne s’agit pas d’une publicité pour Kellogg’s, mais d’une photographie prise au début des années 1950 en vue d’un reportage-photo sur la vie du boxer ghanéen Roy Ankhrah.

James Barnor brosse alors le portrait de la famille idéale, qui parcourra les divers canaux médiatiques des sociétés d’une Afrique qui veut s’affranchir du colonialisme. Les produits alimentaires venus d’ailleurs, les meubles style Louis XVI et le privilège de ne pas marcher pieds nus, sont les signes qui éloignent tout stéréotype en lien avec le mythe du bon sauvage.

L’homme africain et par extension l’homme noir est un citoyen, à part entière, un consommateur qui mène une vie équilibrée entre carrière professionnelle et vie privée.

Cette violence latente pour faire valoir de ces droits semble s’entrechoquer sur les murs de l’appartement de Roy Ankhrah, sans échappatoire vers cette porte ouverte sur l’avenir, ni à travers de rideau à moitié tiré sur un autre succès.

Tout comme le photographe malien Seydou Keita, James Barnor a valorisé de grandes personnalités de l’époque à l’instar des sportifs Roy Ankrah et Mohamed Ali, du premier président ghanéen Kwame N’Krumah, ou encore de Mike Eghan, animateur radio à la BBC et compatriote du photographe. La différence entre les deux, serait que l’un a pu s’inscrire dans divers réseaux de médias, produisant énormément d’images ; et que l’autre, se soit concentré davantage sur un travail en studio. Mais, les caractéristiques des régimes coloniaux anglophone et francophone sont également à prendre en compte, ainsi que les mesures politique prises à l’égard du colonisé, et des opportunités qui lui étaient offertes.

Donner un autre visage à  ses contemporains, mettre en valeur leurs trajectoires personnelles toutes aussi exceptionnelles les unes que les autres, et apporter sa contribution au développement du Ghana s’avèrent être les tâches principales de Barnor.

Sous son objectif, l’homme et la femme noirs deviennent des citoyens du monde d’une époque en pleine transition ; l’homme et la femme noirs deviennent tout simplement des acteurs qui se sont réinventés et ancrés dans la modernité, loin des cartes postales coloniales.

Lorsque je vis le titre de l’exposition, je pensais directement au titre de Jay-Z « Forever Young ». Outre un refrain qui reste dans la tête, le lien peut se faire au niveau de certaines paroles : « Donc pas pour la légende, je reste jeune à jamais. Mon nom doit survivre ; (…) mon nom doit être transmis de générations en générations » *

Jay-z était-il inspiré par le nom du studio de James Barnor ? Mystère… Mais le photographe ancre de manière certaine son nom dans l’histoire du Ghana, se refaisant une jeunesse, d’exposition en exposition à travers le monde, de Londres à Cambridge, en passant par Cape Town et désormais, Paris.

* traduit de l’anglais : « So not for legend, i’m forever young.My name shall survive (…) my name shall be passed down to generations »

 En +:

James Barnor: Ever Young du 8 Octobre au 21 Novembre 2015

Galerie Clémentine de la Féronnière – 51 Rue Saint-Louis en l’Île, 75004 Paris

Plus d’infos ici

NB:  « Principalement conçue par des Sud-Africains noirs et pour le lectorat noir, la revue Drum a été créée en 1951; ; l’édition pour le Ghana paraissait entre 1958 et 1972. » Source: Catalogue de l’exposition Africa Remix.

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