Entre ethnographie et abstraction : sur la route du Mozambique

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Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique

 © Alessandra Chemollo

Le Pavillon mozambicain, situé du côté de l’Arsenale, présente Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique, qui signe une exploration artistique de la frontière qui sépare le traditionnel de la modernité. L’exposition s’appuie sur trois espaces temps esthétiques déterminants, à savoir le rituel et le contemporain qui s’interrogent mutuellement.

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Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique

 © Alessandra Chemollo

Le Mozambique est situé en Afrique Australe, et toute sa côte ouest fait face à l’océan indien. Pays limitrophe de la Tanzanie, du Malawi, de la Zambie, du Zimbabwe ou encore de l’Afrique du Sud, la République du Mozambique qui compte 25,8 millions d’habitants*, est invitée officiellement pour la première fois cette année à la Biennale de Venise.

Le pays qui acquiert son indépendance en 1975, s’engouffre dès l’année suivante dans une guerre civile sanglante, qui a causé la mort de près d’un million de personnes.

En 1998, l’artiste mozambicain Gonçalo Mabunda récupère ces armes meurtrières pour les détourner en sculptures, pour un projet intitulé Transformation des armes en objets d’art. Ses trônes subversifs ou encore ses masques élaborés à partir de cet arsenal de guerre, sont de véritables récits historiques de cet période malheureuse qu’a connu le Mozambique, et qui remettent en cause les autorités politiques. Sièges royaux, pouvoir, politique et aberration du conflit, sont les éléments sur lesquels s’appuient la force et la cohérence du propos artistique de Mabunda.

Dénoncer la violence absurde et les victimes innocentes : tel est le rôle des sculptures de Gonçalo Mabunda. Sans un bruit, sans un cri, sans un mot.

 

Un angle ethnographique

Quel visage montrer au monde ? Quelle facette de la scène artistique exposer à l’occasion de cet événement international ? Entre objets traditionnels et peintures abstractives, Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique nous propulse dans les profondeurs du champ artistique mozambicain.

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Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique

 © Alessandra Chemollo

Les œuvres de ces peintres et artistes contraints à un long silence et un isolement artistiques causés par ces années de guerre, sortent de l’oubli pour témoigner de l’histoire nationale.

A travers le rituel, la littérature ou encore la peinture, Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique offre un panorama de l’essentiel du paysage culturel mozambicain, afin d’ancrer cette nation meurtrie par la guerre dans les débats artistiques contemporains.

Ces peintures abstractives qui déconstruisent le corps humain, se reconstruisent dans le reflet des statuettes et sculptures rituelles. Le fossé qui séparait alors ces deux sphères s’amenuise pour les laisser entrer dans un dialogue plus que nécessaire, aux yeux de l’actuel Mozambique et aux yeux du monde entier.

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Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique

 © Alessandra Chemollo

Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique est un espace de conversation intemporel entre deux époques, entre deux temps qui, après la guerre entrent en interaction avec le présent.

Les visiteurs sont alors confrontés à une histoire de l’art propre au Mozambique. Le pavillon s’inscrit dans une totale adéquation avec All The World’s Futures, qui est le titre de cette 56ème exposition internationale d’art contemporain de la Biennale de Venise.

Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique est un exemple de réponse qui illustrerait un des futurs possibles de ce monde artistique.

 

Crédits photos:

République du Mozambique – Coexistence of Tradition and Modernity in Contemporary Mozambique           

56ème Exposition internationale d’art – La Biennale de Venise, All the World’s Futures. Photo : © Alessandra Chemollo  – Courtesy : la Biennale de Venise

 * Source des données : Jeune Afrique

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