Je fais mon cinéma #4

Deux films ont particulièrement retenu mon intérêt et mon attention, car ils plaçent la femme africaine au centre de leurs propos; et entre les horreurs de la guerre et de la pauvreté, ils dépeignent le portrait de femmes d’exception. Résilientes, elles sont sœurs, épouses, mères et se battent au quotidien contre l’adversité dans les différentes sociétés africaines.

« L’Homme qui répare les femmes : La Colère d’Hippocrate » de Thierry Michel et Colette Braeckman (2015)

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Denis Mukwege est cet « homme qui répare les femmes », et qui leur redonne ce second souffle d’espoir après les pires tragédies. Il identifie ces crimes sexuels atroces à l’encontre des femmes congolaises, comme des armes de guerre.

Car cette région du Sud-Kivu au sous-sol très riche en minerais, d’où est originaire le Docteur Mukwege, est le terrain d’affrontements meurtriers, dont les premières victimes sont les populations civiles.

Tout au long du film documentaire, les réalisateurs suivent le Docteur Mukwege qui se livre face à la caméra, entre ses convictions, ses valeurs et ses peurs. C’est le portrait d’un homme courageux qui est dépeint, aux côtés de ses patientes. Ces femmes ont également la parole et leurs voix résonnent dans un avenir plus certain et moins sombre.

« Little Go Girls » d’Eliane de Latour (2014)

Abidjan. La réalisatrice française suit depuis quelques années un groupe de jeunes filles qui se prostituent. Mères célibataires, jeunes femmes en manque de repères, orphelines… Toutes ont leurs histoires qui ont des points communs mais ne se ressemblent pas.

Eliane de Latour exposait les séries Go de nuit, les belles oubliées et Go de nuit. Abidjan, les belles retrouvées (respectivement en 2011 et 2015 à la Maison des Métallos, 75011).

« Little Go Girls » est alors la suite logique à ces deux projets photographiques. Le jeu de paroles et de silence, le parti pris des plans fixes et sombres déroutent cependant le spectateur, qui peut perdre le fil conducteur de la narration d’Eliane de Latour. Le film est très visuel : les images d’une qualité artistique exceptionnelle parlent d’elles-mêmes, et laissent le spectateur sur sa fin… Quels sont les rêves d’Aminata, Safia ou Awa ? Quel avenir souhaitent-elles pour leurs enfants ? Quel tournant dans leur vie de femme ? Des réponses qui prennent forme dans la bouche de la réalisatrice, ce qui est dommage…

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