Mohamed Ali (1942-2016) en 3 oeuvres

Alors que les J.O. 2016 ont démarré depuis peu à Rio de Janeiro au Brésil, nous pouvons nous souvenir de cette image émouvante d’un Mohamed Ali, fier et déterminé allumant la flamme olympique, au Centennial Olympic Stadium d’Atlanta, le 19 juillet 1996.
« The Greatest » que la maladie avait rendu hésitant, était couronné à nouveau de son titre olympique remporté à Rome en 1960, alors qu’il n’était âgé que de 18 ans ; en effet, Ali aurait reconnu avoir perdu sa médaille d’or…

Ses critiques acerbes à l’encontre du gouvernement américain, son refus de rejoindre l’armée nationale durant la guerre contre le Vietnam, sa conversion à l’Islam et son rapprochement avec Malcom X, lui ont valu d’être l’ennemi publique numéro 1 aux Etats-Unis, de la fin des années 1960 au début des années 1970.
C’est ainsi que de boxeur, il devient une icône nationale puis internationale, en se faisant le porte-parole d’une communauté noire américaine meurtrie par une ségrégation raciale violente.

Son attitude provocante rime avec le mouvement culturel « Black is Beautiful » des années 1960 : il tient à redonner de la fierté aux Noirs Américains que l’Amérique blanche ne veut pas regarder en tant que citoyens à part entière.
Photographie, peinture, musique, cinéma… Mohamed Ali a inspiré plus d’un artiste.
Retour sur trois œuvres qui ont mis  «The Greatest » à l’honneur.

1. Moke, Sans titre (Match Ali-Foreman, Kinshasa), 1974.

© Moke, Collection particulière.

« The Rumble in the jungle » est le titre attribué au combat qui opposa Mohamed Ali à George Foreman, le 30 octobre 1974, pour le titre de champion du monde poids lourds de boxe anglaise.
Mobutu Sese Seko offre près de 5 millions de dollars aux deux combattants, voyant en ce combat une opportunité unique de valoriser le Congo et le continent africain.
En effet, la ville de Kinshasa et le Lingala rayonnent à l’échelle internationale à travers les séances d’entraînement le long du fleuve Congo de Mohamed Ali ou encore le fameux « Ali, Bomayé » (« Ali, tue-le »).

Les artistes congolais se sont donc inspirés de cet événement mythique, à l’image du peintre Moke (1950-2001), qui l’immortalise dans un style figuratif narratif empreint de Pop Art. Monsengwo Kejwamfi dit Moke est  à la tête d’une génération de peintres kinois qui documentent le quotidien de la capitale, à travers des scènes de rue, des ambiances nocturnes, des fêtes et des événements historiques.

2. Philippe Halsman, Muhammad Ali (né Cassius Clay), 1963

Halsman_07Archives Philippe Halsman. © 2015 Philippe Halsman Archive / Magnum Photos

Le père de la « Jumpologie » Philippe Halsman (1906-1979) réalise ce portrait de Mohamed Ali en 1963, qui est nommé « boxeur de l’année », cette même année.
Les points de part et d’autre de son visage, comme s’il reproduisait une vilaine grimace pour effrayer son adversaire avant un match, ce portrait en noir et blanc fige Mohamed Ali dans une attitude théâtrale qui lui colle à la peau et qui consolide sa personnalité publique. L’arrogance spontanée du sportif transpire à travers ce cliché, le propulsant au rang des icônes des temps modernes.

3. Peter Saul, Bewtiful and Stwong , 1971.

bewtiful-and-strwong1Cassius Clay, un super héros dans Bewtiful and Stwong , qui sauve du supplice de la crucifixion un Black is beautiful , mis à nu… lire l’article Focus #3 : « Bewtiful and Stwong » (1971) de Peter Saul.

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