Les expositions de l’été 2016 (part.3): Dakar-Martigny, Hommage à la Biennale d’art contemporain.

Nomusa Makhubu, Omama Bencelisa (Mothers breastfeeding), Impression numérique sur papier Fine Art, Courtesy Erdmann Contemporary Gallery Cape Town.

Au premier plan, un nourrisson est allaité par sa mère, dont le visage est difficilement identifiable. Sur la droite, une autre femme, souriante pourtant son enfant sur le dos. L’ombre de l’artiste recouvre l’image de la première femme, sur cette photographie tirée des archives sud-africaines datant de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle.

Nomusa Makhubu (1984, Afrique du Sud) offre une nouvelle lecture de l’archive, l’intégrant dans le présent, brisant la frontière avec l’histoire coloniale ; Omama Bencelisa (Mothers breastfeeding) est extraite de la série « Self Portrait Project » (2007/2013).
Son propos s’appuie sur un ensemble de calques historiques, photographiques et politique.

John Akomfrah, Peripeteia, 2012, Single channel HD colour video, 5.1 sound. 17 minutes 28 seconds. Courtesy of Smoking Dogs Films and Lisson Gallery.

 Jean Servais Somian, Tronc à casier vert, Cocotier et laque 170 x 38 cm.

Cet hommage à la Biennale de Dakar présente le travail d’artistes issus du continent africain et de sa diaspora. Au fil des années, la Biennale de Dakar s’est installée sur la scène internationale comme un rendez-vous incontournable. Mettant la lumière sur la création contemporaine africaine, Dak’art est très vite devenue depuis les années 1990 une plateforme de promotion exceptionnelle pour le travail d’artistes qui peuvent être parfois  confrontés à un imaginaire rigide et persistant. Cependant, rappelons que l’exposition internationale de la Biennale de Dakar regroupe des artistes de diverses origines.

 

NirvedaAlleck_OneColor

Nirveda Alleck, One Color, 2011 Vidéo 2’36’’, Courtesy de l’artiste.

Ainsi, c’est dans la continuité de l’édition 2016  que l’exposition Dakar-Martigny ouvre ses portes. L’esprit de la Biennale voyage jusqu’à Martigny, avec un In et un Off qui se déploient simultanément dans plusieurs lieux.

Hélène Tissières, la commissaire est consciente de la nature des challenges auxquels doivent faire face les artistes issus du continent africains : « Les artistes de l’Afrique et de sa diaspora font face à d’énormes défis et offrent des solutions inestimables, qui prennent en compte de multiples réalités. Celles-ci sont marquées par le manque de moyens financiers, les tensions postcoloniales, la fracture identitaire, les discriminations et injustices, le poids de l’Histoire. » Dak’art a contribué à encourager les artistes issus du continent à manifester un réel intérêt pour les thématiques liées à l’identité africaines. Ce « recentrement » artistique en a permis à plus d’un de valoriser leurs propos, à l’échelle internationale.
Ainsi, les photographies de Fabrice Monteiro retentissent avec les toiles de l’Haïtien Maksaens Denis ; l’abstraction graphique d’Edmon Khalil se conjugue parfaitement avec les manipulations d’images de Nomusa Makhubu.

 Fabrice Monteiro, Prophecy # 1, 2013 Canson Platine Fibre Rag, 310 gr. 120 x 80 cm, Courtesy Mariane Ibrahim Gallery.

Afin de désamorcer toute une complexité nébuleuse autour du statut de l’art contemporain en Afrique, l’hommage s’appuie sur une diversité plastique des œuvres, à travers la peinture, la photographie, la sculpture, le design ou encore la vidéo.
Les artistes sélectionnés comptent tous une participation à la Biennale: Aboudia, Sokari Douglas Camp, Ndary Lô, El Anatsui, Moustapha Dimé, John Akomfrah, Fabrice Monteiro, Jean Servais Somian… Générations confondues, pluralités des identités africaines, à travers une mise en abîme, l’hommage à la Biennale d’art contemporain est un écho de plus à l’intérêt vibrant pour l’Afrique et l’ensemble de ses créations contemporaines.

Une programmation avec des rendez-vous musicaux, littéraires et des projections de films, est prévue en marge de l’exposition.

Plus d’infos ici

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4 Commentaires

  1. Helene Tissieres

    Un grand merci pour votre article qui comme je l’ai indiqué met les mots justes sur les oeuvres et la scenographie de l’exposition Dakar-martigny. Je regrette cependant de ne pas avoir eu l’occasion de vous rencontrer lors de votre visite et espère que nous aurons l’occasion de nous croiser dans un proche avenir.

  2. Pietro Santoro

    un article très intéressant qui fait preuve d’une grande sensibilité, intelligence de votre part et qui fait honneur au travail des artistes exposés à Martigny.
    P S

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