La chanteuse Patricia Essong revient sur les 10 titres de son 1er album « Soul of Nü Bantu » (pat.1)

Quel message? Quelles inspirations? La chanteuse Patricia Essong revient sur le choix des 10 titres qu’elle interprète à son tour, et lève le voile sur la magie de son premier album  « Soul of Nü Bantu » .

Le Nouveau vidéo clip de Patricia Essong « Malaïka »

J’ai conçu « Soul of Nü Bantu »  comme une sorte de cartographie qui représente la spiritualité, la foi, les traditions ; et enfin l’amour qui s’appuie sur trois volets distincts à savoir la résilience, la vertu, et le poids de la société.

L’album comporte 10 titres que j’ai alignés d’une certaine manière par souci d’harmonisation. Cependant, si je devais rester fidèle au fil conducteur du début, l’ordre des chansons serait le suivant

1 / OYA- Angélique Kidjo, Bénin, Yoruba

Pour l’histoire, Oyá fait partie des Orishas majeurs, qui sont des divinités africaines, des êtres d’essence divine qui représentent les forces de la nature. Oyá représente alors le monde des morts et la réincarnation des ancêtres : elle est la maîtresse des morts que l’on invoque pour sauver quelqu’un de la mort ou pour éloigner la présence de la mort parmi les vivants. Bien que ce soit l’unique Orisha qui détienne un pouvoir sur la mort, Oyá est également la déesse des tempêtes, du vent et de la foudre, et de la protection.

L’histoire même de cette divinité et les paroles de cette chanson interprétée par Angélique Kidjo et Lizz Wright, m’ont émue la première fois que je l’ai écoutée : ce fut une révélation pour moi lorsque l’artiste gabonais Jearian qui me la fit découvrir !
De fils en aiguilles, j’ai voulu à tout savoir sur cet Orisha  ! C’est donc la divinité de protection de « Nü Bantu », et je tenais à qu’elle figure sur l’album.
Oya demande à la divinité de nous venir en aide parce que le monde va mal : nous avons besoin d’elle et de sa protection. Comme une prière voire une invocation pour une protection divine, mes concerts commencent naturellement avec ce titre. Il s’agit d’un moment de dialogue spirituel avec nos ancêtres, surtout aujourd’hui, vus ces moments complexes que nous traversons.

2/ BOYA YE- Mbilia Bel, République Démocratique du Congo, Lingala
3/MONBOULAE – Uta Bella, Cameroun, Bulu
4/ ROCKIA – Bella Bollow, Togo, Ewé

© Patricia Essong via Youtube

Ces titres matérialisent l’amour qui s’appuie sur trois volets, à savoir la résilience, la vertu, et le poids de la société.
Ces trois «cartes postales » indiquent que la femme est toujours au centre des problématiques de couple, d’attitude vis à vis de la société ; ce qui peut parfois représenter un poids tellement énorme tant on attend d’elle. Dans nos schémas traditionnels, la vertu, la persévérance et la résilience sont les caractéristiques recherchées chez une femme. Cependant qu’elle se sente aussi libre de choisir ses combats, car c’est elle qui fait et défait les notions de morale et de couple. C’est alors un hommage à la femme qui se bat pour des valeurs positives.
Rockia est une ode à cette femme là ; alors que Boya Ye et Monboulaé font référence à une femme qui fait le choix de vivre avec un homme, sans tenir compte de sa condition, ou encore des jugements des autres: elle soutiendra son partenaire quoiqu’il en soit.

Pour ma part, l’amour et le couple se construisent nécessairement à deux. La femme africaine bantoue est psychologiquement très forte, et elle fait preuve d’une grande patience. Avant même de parler d’amour, l’essentiel repose d’abord sur un bon nombre de valeurs pour la femme bantoue ; et lorsqu’elle se sent mal aimée ou encore désabusée elle quitte tout. Malheureusement, certaines se sacrifieront et resteront en mariage pour leurs enfants, ou parce qu’elles craignent de finir seule, car c’est très mal perçu par la société une mère célibataire.

5/ MALAIKA – Fadili William, Miriam Makeba, Kenya & Afrique du Sud, Swahili
6/VULI NDLELA – Brenda Fassie, Afrique du Sud, Zulu

© Patricia Essong via Youtube

Le Nouveau vidéo clip de Patricia Essong « Malaïka » à voir ici 

Ces deux chansons s’opposent.
Malaïka parle d’un amour impossible : le poids des traditions africaines veut qu’un homme qui souhaite convoler en noce ait suffisamment de moyens financiers – parfois évalués en partie à travers des dots – qu’il ne peut parfois pas justifier. Malaïka reprend alors les paroles d’un amoureux meurtri qui chante à sa dulcinée qu’il il veut tant vivre avec elle, mais qu’il n’a pas la richesse pour réaliser son souhait.
C’est en même temps une interrogation : qu’est-ce que l’amour ? Que représente l’union? Pour cette chanson, la sensibilité de feu Miriam Makeba est très grande : je me devais de l’intégrer sur « Soul of Nü Bantu ».

Vuli ndela c’est la chanson d’une maman fière de son fils, parce qu’il va enfin se marier (rires). C’est un peu ironique parce qu’on se moque en général plus souvent d’une femme qui n’est pas encore mariée ; et j’ai trouvé intéressant ici que ce soit pour une fois une mère qui chante pour son fils. « Ça y est il a trouvé sa femme, ça y est il va se marier, toutes les mégères qui rigolaient de moi parce que mon fils n’était avec personne, parlez encore, ça y est il es casé ! » .
A la base cette chanson est juste parfaite : c’est un challenge de l’interpréter après Brenda Fassie !

Propos recueillis par Virginie Ehonian

En +:

3 questions à Patricia Essong

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