Mawena Yehouessi nous donne 3 raisons de voir “Space is the Place”.

Mawena Yehouessi est la fondatrice de Black(s) to the Future, LA plateforme transmedia dédiée à l’Afrofuturisme. Le titre de Space is the Place ne vous parle pas? Plus pour très longtemps car Mawena Yehouessi nous 3 bonnes raisons de voir ce film inédit, écrit par Sun Ra et réalisé par John Coney en 1974.

 © Space is the Place  (1974).

1) Premièrement, Sun Ra (1914-1993) était un visionnaire. Dans un contexte marqué par la conquête de l’espace de la fin des années 1950, il a vu à travers l’avènement de l’«Ere Spatiale» une promesse, pour lui et des camarades noirs, d’échapper à un pays qui considère leurs vies et leurs attentes comme sans importance. Nommée “Arkestra” son arche spatiale conduit alors ses compagnons noirs vers une Terre nouvelle afin de reprendre l’Histoire. Ainsi, Sun Ra devient l’Archange Saturnien, un descendant du dieu égyptien du Soleil et dont la mission est de prêcher la paix.

Ainsi, Sun Ra a nourri certaines métaphores – mythiques et mythologiques (scientifiques -) fictives et religieuses – qui vont plus tard devenir essentielles à une dynamique soulignant des particularités propres à la communauté noire, à partir de la manière dont elles étaient négativement affirmées envers l’Histoire pour désormais, les interpréter de manière positive. Loin d’être fantasque, Sun Ra s’assure de brouiller les pistes concernant l’altérité qu’il s’est choisie. Non seulement il change son nom pour « Le Sony’r Ra »; puis souffrant réellement de cryptorchidie, il décrète que comme les anges, il n’a pas de sexe. Il reste l’un des premiers exemples sincères et sophistiqués d’auto-branding.

2)  Ce film est et reste une source d’inspiration inépuisable : et là je n’ai rien à justifier! Vous devez le constater par vous-même !
Selon l’écrivain belge Pierre Deruisseau, Sun Ra et son groupe ont enregistré plus de 120 disques entre la fin des années 1950 et le début des années 1990, et se sont produit un peu partout aux États-Unis, en Europe, au Nigéria, en Egypte ainqi qu’au Japon. En1957 marque les débuts de «El Saturn Research»: l’un des premiers labels indépendants de musique créé par un musicien noir, aux Etats-Unis.

Sun Ra compose, enregistre et publie ce qu’il veut, quand il le veut, et ce avec une grande liberté d’agir. «Je devais avoir quelque chose, et ce quelque chose créait quelque chose que personne ne possédait à par nous. »Se plaisait-il à dire.

3) Enfin, aujourd’hui, nous sommes les seuls – à ma connaissance – à avoir sous-titré le film en français ! Je remercie à nouveau Justine Rousseau, la « Traductrice en chef » de Black(s) to the Future.

En + :

Le Festival Black(s) to the Future

Propos recueillis par Virginie Ehonian.

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