Her Story: Sisterhood That Transcends @GAFRA (part. 2) – 3 questions to Dagmar Van Weeghel

Her story: Sisterhood That Transcends réunit deux artistes dont les oeuvres dialoguent dans une dimension en phase avec le monde d’aujourd’hui. Rewa convoque une tradition nigériane; tandis que Dagmar Van Weeghel conjugue un présent avec toutes ses problématiques socio-politiques.
Miroir contemporain d’un art qui reflète les questions de son époque, l’exposition présentée à la Galerie of African Art de Londres, résonne dans les antres d’un espace-temps universel.


Dagmar Van Weeghel, Yelema I, 2017, C-print on dibond with frame Courtesy of The Gallery of African Art (GAFRA).

african links: Comment s’opère le choix de vos modèles et des histoires que vous souhaitez raconter?

Dagmar Van Weeghel : A vrai dire, il ne s’agit pas de modèles, mais de personnes que je rencontre et avec qui je collabore. Il ne s’agit pas – pour la majeure partie – de modèles professionnels que je vais rechercher et traquer. Parfois même, elles n’ont jamais posé pour une séance photo! Certaines personnes me contactent directement ou je lance des appels à participation, car elles savent que l’objet de mon travail est de retranscrire visuellement des histoires de la diaspora africaine. C’est important que l’on prenne le temps d’échanger et d’apprendre à se connaître; c’est la raison pour laquelle, je les considère comme des co-auteurs, car il s’agit de leurs histoires que je retranscris en une histoire visuelle. C’est à travers ces rencontres, que je propose et offre différentes perspectives. Notamment avec la série où je dépeins l’histoire de Sarah Forbes Bonetta (1): j’ai commencé à faire des recherches. La jeune femme qui a posé pour cette série s’appelle Barbara Kayote et est originaire d’Ouganda, et a été orpheline à l’âge de quatre ans. En 2011, elle a quitté son pays natal, et a – pour le coup – été mannequin, même Miss Ouganda! Nous avons échangé via les réseaux sociaux et elle a particulièrement été intéressée par le projet et l’histoire de Sarah Forbes Bonetta (1).
Les liens historiques et contemporains entre l’Afrique et Europe m’intéressent particulièrement.

  Dagmar Van Weeghel, Yelema VI, 2017, C-print on dibond with frame Courtesy of The Gallery of African Art (GAFRA).   

african links: Est-ce que vous laissez davantage d’ « espace » à votre vision personnelle de la scène ou suivez-vous le fil du récit qui commence à se tisser durant une séance photo, à l’instar de la série Yelema qui met en scène les deux soeurs Binqui et Penda ?

Dagmar Van Weeghel : Je m’assure d’avoir le matériel nécessaire – chaises, tissus..- mais je ne fais pas de story-boards au préalable. J’ignore alors ce qui va se passer : le vent – j’utilise beaucoup de tissus durant les séances photo – la nature… Dans le cas précis de la série Yelema, nous avons Binqui et Penda qui sont deux soeurs avec une forte relation. J’ai aussi pu établir des liens avec elles.
A un moment, Binqui est allée dans l’eau alors qu’elle ne s’était jamais baignée dans la mer. C’était à la fin de la journée, et elle a dit que je voulais y aller. Je lui ai répondu :  » allons-y! » Penda, sa soeur ne nous a pas suivies et avait peur de nager. Cela s’est produit de manière totalement et j’ai photographié ce moment durant lequel elle découvre la mer du Nord. C’est arrivé juste parce qu’elle éprouvait le besoin de le faire; il en est de même lorsque les filles se tiennent dans les bras l’une de l’autre. Ces moments nourrissent totalement le récit visuel.

 Dagmar Van Weeghel, Lapis Lazuli, 2016, C-print on dibond
Courtesy of The Gallery of African Art (GAFRA).  
 

  Dagmar Van Weeghel,Mombasa Blues Uhuru, 2016, C-print on dibond, Courtesy of The Gallery of African Art (GAFRA).   

african links: Comment abordez-vous l’Histoire et les histoires personnelles dans votre travail?

Dagmar Van Weeghel : J’ai commencé la photographie il y a deux ans à présent et l’interaction entre l’art et la mode m’intéresse. Bien que ce soit un angle auquel je suis sensible, je pense que les gens voient mon travail perçoivent davantage l’esthétique que les récits qui le composent. Une solide histoire se cache derrière mes photographies.

En ce qui concerne Sarah Forbes Bonetta, j’ai fait beaucoup de recherches pour cette série qui repose sur la double identité. Mon mari est zimbabwéen et lorsque nous avons déménagé avec nos enfants en Europe il y a 8 ans maintenant, j’ai été vraiment surprise de la manière par laquelle il a vécu ces différentes transitions culturelles. C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de Sarah Forbes Bonetta, qui née à Lagos (Nigéria) a vécue en Grande-Bretagne, et fut la filleule de la reine Victoria. A travers ses différents voyages entre l’Afrique et l’Europe, elle n’a jamais été libre de faire ses propres choix. Une seule histoire à son sujet est racontée selon laquelle, elle a été sauvée de l’esclavage. Or cela représente un seul côté de l’Histoire.

Je fais beaucoup de recherches sur les problématiques liées à l’identité dans un contexte colonial. Ce n’est pas ma mission première mais de démontrer d’autres perspectives contemporaines liées à l’immigration qui restent inconnues du grand public.

Propos recueillis par Virginie Ehonian

Sara Forbes Bonetta, née en 1843, décédée le 15 août 18811, est originaire d’Afrique de l’Ouest, de latribu des Egbado (en) du peuple Yoruba. Orpheline à la suite d’une guerre intertribale, elle est vendue comme esclave. Elle est ensuite libérée et devient la filleule de la reine Victoria. Elle est mariée au capitaineJames Pinson Labulo Davies 

english

Her story: Sisterhood That Transcends brings together two artists whose works dialogue in a contemporary dimension. Rewa calls the Nigerian tradition, while Dagmar Van Weeghel combines a present with all its socio-political issues.
Contemporary mirror reflecting an art in line with the questions of its time, the show at the Gallery of African Art of London resonates in the hallways of a universal space-time.

african links: How do you choose your models and the stories you want to tell about?

Dagmar Van Weeghel: Actually, the persons I portray and collaborate with are not models. It is not – for the most part – professional models that I would seek and track down. Sometimes they have never even posed for a photo shoot before. I photograph real people with real stories. I do sometimes put out calls on social media for participation or some people contact me directly because they know my visual stories of the African diaspora. In any case, when I meet people, It is important that we take the time to exchange and get to know each other; this is the reason why I consider the people I portray as co-authors, because these are their stories which I turn into a visual story in which I often also add my Dutch nationality.

In my work I propose and offer different perspectives. Especially with the series where I depict the story of Sarah Forbes Bonetta (1): I did a lot of research. The young woman is Kayote Barbara, who posed for this series. She is from Uganda, and just like Sarah Forbes; she was orphaned at the age of four. In 2011, she left her native country, and moved up to become a model, even 1st runner up of Miss Uganda. She had a lot of courage and strength, which I feel connected well with the person Sarah Forbes must have been. We exchanged via social networks and she was interested in the project and the history of Sarah Forbes Bonetta (1).

I have a real interest in the historical and contemporary links between Africa and Europe.

african links: Do you leave more « space » for your personal vision during the photo shoot or do you follow the story that begins, referring for instance, the Yelema series that brings together two sisters Binqui and Penda?

Dagmar Van Weeghel: I like to see what happens spontaneously on a shoot. Because I work with real stories and emotions. I do make sure I have the necessary props – chairs, fabrics – but I do not prepare storyboards beforehand. Its all rather organic. I ignore what is going to happen with the natural elements like the wind – I also use fabrics during the photo sessions.

In the specific case of the Yelema series, Binqui and Penda from Conakry are two sisters with a strong relationship, who moved to Europe some years ago. I felt very connected to them and their personal story.

At one point, Binqui went into the water while she had never swum in the sea. It was at the end of the day, and she said she wanted to go. I replied: « Let’s go! » Penda, her sister did not follow us and was afraid to swim. It happened spontaneously and I photographed that moment when she discovered the North Sea. It happened just because she felt the need to do it; it is the same when they held in the arms of each other. These moments enrich the visual strenght.

african links: How do you deal with History and personal storytelling in your work?

Dagmar Van Weeghel: I picked up photography two years ago after years of filmmaking and I am interested in making work which combines ethics and aesthetics. I think people at first sight see more the aesthetic dimension of my portraits than the stories that compose them. But when they read the narratives they will find out that the work is in fact layered and an important social storytelling is behind my photographs.

In regards to History; I do a lot of reading and research. History is fascinating, I feel the need to retell stories and events from the past. To share with people. With the series of Sarah Forbes Bonetta, I also did research on dual identity. My husband is Zimbabwean and when we moved with our children to Europe eight years ago, I learned that he experienced these different cultural transitions. It was at this point, I got interested in how other people in the African diaspora experienced this transition and how people from the African continent were and are represented throughout the world. This also started my line of enquiry to Sarah Forbes Bonetta’s story. She was born in Lagos, Nigeria, and lived in Britain, and remarkably became the goddaughter of Queen Victoria. So little is know about her. Even though she was ‘saved’ from slavery, I strongly felt that she was never really free to make her own decisions. She lived between two continents and was send back and forth during her life. Only one side of her life is told, following that she was saved from slavery. I’m keen to find out more.

I’m very interested in issues related to identity in a colonial context. This is not my sole mission but I aspire to bring different perspectives about immigration to the audience. Change the way people see the world and see each other.

En +:

HER STORY: Sisterhood That Transcends : REWA & DAGMAR VAN WEEGHEL
22nd September – 21st October 2017

Gallery of African Art (GAFRA)

 

 

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