James Barnor se dévoile à travers 3 photographies (part.1)

J’ai demandé au photographe James Barnor de décrire trois de ses photographies.

Après un petit éclat de rire, il annonce la couleur de l’interview :  » En fait, ce sera autour de ta perception de l’exposition ; plus que mes propres choix… » Oui, c’est aussi envisageable, je choisis 3 photos et on en discute ensuite.

 © James Barnor, Sans titre n°5, Une employée de la boutique Sick-Hagemeyer, Accra 1971.*

James Barnor : « Pour la petite histoire, je suis resté pendant près de dix ans en Angleterre. C’est là-bas que j’y ai appris à concevoir et à tirer mes photographies en couleur. A la fin de l’année 1969, j’étais de retour au Ghana pour enseigner et partager cette nouvelle technique. A cette époque, je travaillais pour une filiale du groupe hollandais Sick-Hagemeyer: Agfa-Gevaert, avec laquelle nous avons pu étendre la photographie couleur.
J’ai pris cette photo dans la cour de notre premier laboratoire, qui se trouvait en haut de l’escalier, en arrière-plan sur l’image; précisément sous la bannière commerciale d’Agfacolor. On peut y distinguer la voiture du manager garée bien à l’ombre.

Cette jeune fille n’était pas un mannequin professionnel ou une simple passante; mais une employée du magasin. Elle n’était pas très grande… Ce n’est pas un secret: quand vous voulez faire paraître quelqu’un plus grand, vous prenez la photo en contre-plongée! Et au début des années 1970, c’était la mode des mini-jupes. Par ailleurs, il s’agit de la même personne sur la photo avec les bouteilles de gaz. A ce sujet, ce fut l’un des premiers tirages pris et développé en couleur au Ghana.

Je ne me souviens pas du contexte… Si elle m’a demandé de la prendre en photo ou si je l’ai arrêtée pour qu’elle pose. Mais, je sais que je n’y étais pas en tant que photographe. J’ignore pourquoi j’ai pris la photo dans l’ombre, sans lumière. Cela dit, sa silhouette est mise en valeur.
J’ai pris tant de photographies que parfois je m’y perds un peu… Clémentine – de la Ferronière, la galeriste – a redécouvert cette série, lorsque nous préparions la Biennale de Bamako. A ce sujet, l’une des photos a été tirée en très grand format et était exposée – celle avec les voitures blanches – à l’entrée du Musée du District de Bamako. »

Propos recueillis par Virginie Ehonian

En +:

 *Publiée avec l’aimable autorisation de la galerie Clémentine de la Feronnière et Natural Grey.

Jusqu’au samedi 31 mars à la galerie Clémentine de la Feronnière, 51 rue Saint-Louis-en l’île, Paris 4ème.

L’exposition Forever Young – James Barnor

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