l’association show bis lutte contre l’obsolescence des équipements culturels.

L’Afrique en 200 proverbes

Un petit recueil des plus beaux proverbes d’Afrique. À méditer sans modération !Plus de 150 perles de sagesse, à picorer, méditer et partager ! Là où le coeur est, les pieds n’hésitent pas à aller. TOGO Le chemin le plus court pour aller d’un point à un autre n’est pas la ligne droite, mais le rêve. MALI Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaitra. CENTRAFRIQUE

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Quand on sait que l’industrie de la mode est l’une des industries les plus polluantes aujourd’hui, on peut tout de même s’interroger sur le secteur culturel… Quel est le devenir des décors de théâtre, des costumes de spectacle, des équipements renouvelés à l’obtention de chaque nouveau budget annuel ? Où disparaissent-ils ? Comment sont-ils recyclés et réutilisés à une époque où l’on prend davantage conscience des maux de notre planète ?

Le « Slow Fashion » désigne « des collections de vêtements conçus pour allier mode, qualité et possibilité de conservation par l’acheteur, au minimum d’une saison sur l’autre. » Ainsi, sur le même modèle, pourrait-on parler de « Slow Culture » avec des équipements pensés pour durer plus longtemps ou auxquels il serait offert une seconde vie ?

Avec Show Bis, nous aspirons à multiplier les opportunités pour ces talents qui n’attendent que d’être mis en lumière et sous le feu des projecteurs, tandis que du matériel technique « dort » dans les institutions culturelles européennes.Claire nini

Jean Boog est né à Douala en 1986. En 2010, il quitte sa ville natale pour le pays voisin, avec l’objectif de se former à la danse auprès de professionnels à l’Institut Français de N’Djamena, au Tchad.

L’année 2013 signe la rencontre entre les deux comparses, car Claire Nini y effectue une mission culturelle de deux ans en tant que volontaire internationale :  » C’est un véritable coup de cœur artistique que j’ai cette année-là le voyant danser pour la première fois », se souvient-elle .  “ Un peu avant la fin de ma mission, nous commençons les démarches administratives afin que Jean puisse poursuivre son parcours professionnel au Centre National de la danse à Pantin. On envoie son dossier depuis le Tchad, et il y est accepté pour la formation « l’entraînement régulier du danseur », en danse contemporaine qui dure deux ans entre 2015 et 2017. » relate Claire Nini qui a toujours cru au talent de Jean Boog.

Formé à la danse contemporaine ainsi qu’à la danse traditionnelle d’Afrique centrale avec le Ballet nationale du Tchad, Jean Boog a côtoyé les plus grands noms de la danse africaine, tels que Junior Bosila, danseur Hip Hop congolais, Kettly Noël (chorégraphe et danseuse haïtienne basée à Bamako), Nelisiwe Xaba (danseuse et chorégraphe sud-africaine). Il a dansé avec les danseurs de la compagnie Pina Bausch à Bamako, a rencontré Dominique Hervieu alors directrice de la Biennale de la danse de Lyon, ou encore Farid Berki de la compagnie Melting Spot pour laquelle il travaille aujourd’hui comme danseur interprète.

À la fin de sa formation au CND, il s’envole à Douala en 2017. Le jeune chorégraphe y crée sa propre compagnie de danse qu’il baptise Di Sak – qui signifie « Nous dansons » en langue Bassa.

 » Faire miroiter l’autre est une création de 2017 pour sept danseurs camerounais ; c’est la première pièce de Jean en tant que jeune chorégraphe. Elle est diffusée dans les Instituts Français de Douala et de Yaoundé la même année. » souligne Claire Nini.

Pourquoi Show Bis?

 » Certes, l’Institut Français nous a aidé et soutenu pour notre première pièce… En revanche, nous avons fait un constat assez problématique. En dehors du réseau des Instituts Français, il n’y a presque pas d’autres lieux de diffusion pour les artistes sur le continent ! Autrement dit, il est difficile de trouver une autre alternative pour montrer son travail, si l’artiste n’intègre pas la programmation de l’Institut Français qui détient l’ensemble des équipements techniques. Pourquoi 60 ans après les indépendances, ce sont des directeurs qui, parfois méconnaissent la culture du pays, qui vont décider de qui sont les artistes ? Avec Show Bis, nous aspirons à multiplier les opportunités pour ces talents qui n’attendent que d’être mis en lumière et sous le feu des projecteurs, tandis que du matériel technique « dort » dans les institutions culturelles européennes. » commente la présidente de Show Bis.

L’association Show Bis est créée à la fin de l’année 2019 par la journaliste Claire Nini et le danseur et jeune chorégraphe Jean Boog.
Le constat est le suivant : pas assez d’équipements et de structures à Douala, capitale économique du Cameroun où se rend régulièrement le couple pour leurs projets professionnels. Comment y remédier ?

Et c’est à ce moment que la magie opère ! Ils ont une idée de génie qui fait sens avec les préoccupations sociales internationales, à savoir le recyclage et le développement durable. Collecter du matériel d’Europe qui ne sert plus pour équiper à 100% dans un premier temps la Breakerie, un centre chorégraphique dédiée à la danse, fondé par Jean Boog. Et dans un second temps différentes structures naissantes et existantes à Douala comme le Centre d’art Le Somewhere; ou encore la Maison de la danse et de la culture de la compagnie de danse Chantal Gondak.

Aujourd’hui le Théâtre National de la Danse de Chaillot et le Centre National de la Danse de Pantin sont sensibles à la démarche et ont fait confiance à Show Bis à travers des dons. En effet, Show Bis a récemment reçu quinze cartons de livres sur la danse de la médiathèque du Centre National de la Danse et sept tapis professionnels de danse de la part de Chaillot, soit une scène de près 200m2 de superficie. Du matériel stocké à Paris, en attendant de pouvoir remplir un conteneur qu’ils souhaitent acheminer via le port de Douala d’ici la fin de l’année 2020.

Show Bis est une initiative honorable à soutenir. L’association lance des appels à dons aux structures culturelles afin de récolter tout le matériel jugé obsolète et lui donner une seconde vie sur le continent. « Nous sommes un peu les Robins des bois de l’art. » affirme amusée Claire Nini. « Nous redistribuons des équipements qui peuvent encore servir pour accompagner et pousser des talents à croire en leurs rêves, tout en leur donnant les moyens d’exprimer leur art. Nous croyons que la culture et l’art peuvent faire beaucoup pour le développement d’un pays. Jean a toujours eu la ferme volonté de retourner au Cameroun pour partager son savoir, son parcours et y laisser un héritage. »

L’actualité de Show Bis

Jean Boog a collaboré avec la compagnie Melting Spot en tant que danseur interprète pour la pièce “Locking for Beethoven” qui vient d’être jouée à l’Opéra de Lille.

La représentation de la pièce collective « Faire miroiter l’autre » à l’ICI Paris dans le cadre de la saison Africa 2020 est reportée entre mai et juillet 2021.

Plus de détails sur les réseaux sociaux de l’association:
Instagram @showbis2020
Page Facebook @Showbiis

Photos : Show Bis

Propos recueillis par Virginie Ehonian

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