Globalisto, un conte philosophique de l’histoire de l’art contemporaine.

Vue de l’exposition Globalisto. Une philosophie en mouvement au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, du 25 juin au 16 octobre 2022. Crédit photo : C. Cauvet / MAMC+

Tout d’abord, Globalisto, quésaco? L’auteur de ce concept inédit le décrit de la manière suivante:  » la philosophie de Globalisto est un appel à l’hospitalité radicale, à l’idée d’un monde sans frontières. »

Mo Laudi de son vrai nom Ntshepe Tsekere Bopape aspire à « regarder le monde d’un point de vue panafricain » tout en revisitant les concepts historiques de la négritude, de la tigritude ou encore de la théorie spéculative noire. Enfin, qu’est-ce que l’Afrique et quelles en sont les frontières?

Globalisto. Une pholosophie en mouvement se dévoile comme une carte de blanche donnée à des acteurs de l’art, des commissaires invités, des collectifs ainsi que des artistes émergents ou bien installés sur la scène artistique.

Dans une galerie d’art – Globalisto à la galerie parisienne Bonne Espérance en 2021 – ou un musée – actuellement au MAMC+ de Saint-EtienneGlobalisto. Une philosophie en mouvement apporte de nouvelles réponses à une scène artistique plurielle en mutation entre l’Afrique et l’Occident.

L’artiste, DJ, et commissaire d’exposition Mo Laudi aspire à décloisonner une histoire de l’art propre au continent africain sur le monde.
Un nouveau récit qui s’écrit dans une narration globale de l’histoire de l’art.

L’exposition au MAMC+ de Saint-Etienne

Pour Globalisto. Une pholosophie en mouvement au MAMC+ de Saint-Etienne, Mo Laudi nous invite à sillonner entre les oeuvres d’artistes de différentes générations.

Plus de frontières ni d’origines particulières. Les démarches artistiques de Sammy Baloji, Raphaël Barontini, Marie Aimée Fattouche, Sam Gilliam, Porky Hefer, Lubaina Hamid, Elsa M’bala, Sara Sadik, Otobong Nkanga, Arthur Jafa, Euridice Zaitune Kala, Samson Kambalu, Moshekwa Langa, Joséfa Ntjam, Dread Scott, Myriam Mihindou, Wilfried Nakeu et Gerard Sekoto s’articulent les unes aux autres, comme les mots-valises d’un passionnant monologue visuel.

Lubaina Himid
Courtesy Galerie Hollybush Gardens, Londres
Vue de l’exposition Globalisto. Une philosophie en mouvement au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, du 25 juin au 16 octobre 2022. Crédit photo : C. Cauvet / MAMC+

Après avoir traversé l’entrée avec les « Bumble Gum Flags » (2019-2020) de Samson Kambalu,  l’exposition s’ouvre un petit salon où l’on peut découvrir le parcours de vie de l’artiste sud-africain Gerard Sekoto (1913-1993). Ainsi que les archives du magazine Drum! qui font partie des collections du musée.

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Gerard Sekoto, Song of the Pick, 1947, huile sur carton, Courtesy South 32 Collection, dépôt à Javett Arts Centre, Pretoria © ADAGP, Paris 2022

La dimension textile des oeuvres se déploie comme un fil d’Ariane qui nous guide jusqu’à la fin de l’exposition. En effet, des drapeaux de Samson Kabalu aux portraits monumentaux dédiés à des figures historiques de Raphaël Barontini, le fil se déroule avec minutie entre les oeuvres d’Otobong Nkanga, Myriam Mihindou, Dread Scott ou encore Moshekwa Langa.

Différentes grilles de lecture de l’exposition sont possibles. Un parcours linéaire avec la découverte des oeuvres au fur et à mesure de l’exposition. Une lecture en zigzag avec des connections logiques à établir entre les oeuvres et leur historicité. Et enfin, une lecture « imbriquée »: une oeuvre en cache une autre. Les installations de Samson Kabalu et de Raphaêl Barontini  se font écho donc en début et fin d’exposition par exemple. Dread Scott et Euridice Zaitune Kala impliquent directement le visiteur à s’immerger dans leurs oeuvres en devenant un acteur majeur.

Globalisto. Une philosophie en mouvement questionne ici la place du musée en tant qu’agent et gardien de la mémoire de l’art. La scénographie rassure, réconforte et repousse les limites physiques de l’espace muséale.

Je découvre le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne

Il s’agissait de ma première visite au MAMC+. Ce grand bâtiment de 1987 abrite une collection d’oeuvres qui datent de la première moitié du 20ème siècle.

Le MAMC+ se veut être un musée plus inclusif à long terme; et aspire à renouveler ses collections qui sont composées à 93% d’oeuvres d’artistes hommes occidentaux.

Pour la petite histoire, l’ancien directeur du musée Bernard Ceysson a acquis en 1971 – et pour 7 000 francs!- l’oeuvre Cape II de l’artiste américain Sam Gilliam (1933-2022) qui est présentée dans l’exposition.

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Sam Gilliam, Cape II, 1970, huile sur toile. Collection MAMC+, achat 1971. Photo : M. Applagnat / MAMC+ © ADAGP, Paris 2022

Gilliam enlève la toile de son châssis, donne à découvrir une autre façon de peindre et de concevoir le support de l’oeuvre picturale. Il s’agissait alors d’une démarche novatrice pour l’époque!


En savoir +:
Globalisto. Une philosophie en mouvement 25 juin -16 octobre 2022 au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole.
Globalisto. Une philosophie en mouvement est en résonance avec la Biennale Internationale de Design de Saint-Etienne qui mettait à l’honneur cette année le continent africain.
https://mamc.saint-etienne.fr/fr/expositions/globalisto

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